Channon et Guichi entendus à la police judiciaire

AFFAIRE ALBATROS

Des journalistes du Messager entendus à la Pj

 

Les journalistes du quotidien Le Messager convoqués par la police judiciaire le 27 mai dernier, s’y sont présentés hier, 3 juin 2008. Il est 10h lorsque Marie Noëlle Guichi, chef d’agence Yaoundé et coordonnatrice de la rédaction et Jean François Channon, grand reporter, y mettent pied. Ils sont assistés de leur conseil Me Tchegoue. Cap sur la porte 210, comme exigé par les convocations signées du sous-directeur des enquêtes économiques et financières, Benjamin Ntonga. Les journalistes sont plutôt accueillis à la porte 202 par le commissaire principal Ngom Charles Aimé. Ce dernier est avec deux autres policiers. D’entrée, il rappelle que selon des dispositions du code pénal il est  « interdit à tout journaliste de diffuser le rapport d’une information judiciaire non encore jugée ».

Le non respect de cette disposition exposerait d’éventuels contrevenants à des peines privatives de liberté allant de 3 mois à deux ans, et des peines pécuniaires de 100 000 à 5 millions de Fcfa. Ainsi donc, les journalistes sont mis en examen pour avoir publié des informations qui d’après la police relève du contenu de l’enquête préliminaire en cours. Il s’agit plus précisément de l’enquête ouverte sur l’acquisition foireuse d’un avion présidentiel en 2004 par le Cameroun. « Albatros – Des enquêteurs camerounais bientôt chez Boeing », titrait en une Le Messager du 27 mai dernier. Un dossier réalisé par Jean  François Channon et Marie Noëlle Guichi. Il faisait le point sur les investigations au sujet de l’affaire pour laquelle une dizaine de personnalités avait déjà été entendues.

Puis, le grand reporter et la coordonnatrice de la rédaction se font entendre individuellement. Selon ces derniers, il s’agit d’une enquête journalistique et non d’un procès-verbal d’une enquête en cours. D’où tiennent-ils donc ces informations,   leur demande la police. Et les journalistes d’invoquer l’article 50 (1) de la Loi 90/052 portant liberté de communication sociale : « La protection des sources d’information est reconnue et garantie aux journalistes et aux axillaires de la profession de journaliste ». Pour le commissaire Ngom et ses collaborateurs, il s’agit là d’une loi relevant du civil, qui n’a rien à voir avec le pénal. Le premier sort du bâtiment vers 12h30, et M.N. Guichi autour de 14h. Ils seront prochainement appelés par la police judiciaire. Ce pour signer le procès-verbal saisi de l’audition.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 4-03-08

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