Daily Archives: 2 June 2008

Ecrans noirs 2008: Vive le cinéma

Vive le Cinéma !

Aux Écrans Noirs à Yaoundé comme au festival de Cannes en France. Des personnalités des milieux politiques, diplomatiques, économiques, artistiques, de la société civile… n’arrêtent pas de défiler sur le tapis rouge qui donne accès à la grande salle du palais de Congrès. Les flashes des appareils photo crépitent. Les projecteurs illuminent les visages et tenues aux toilettes

aussi bigarrées, tendances que variées. Les cameras de télévision tournent. Ariane télévision a aménagé un studio de fortune. « Souriez, on vous voit à la télé ! ». La petite télé de Bastos retransmet la cérémonie de montée de marche en direct sur ces antennes. Et dans la salle de projection aux 1500 places aussi. Une salle archicomble dès 20h.

Le duo bilingue Thierry Ntamack/Josianne Ayafor introduisent un diseur de belles lettres. « Vive le cinéma » ! Déclame le poète qui veut que ses mots soient en « érection ». Et de poursuivre : « Vive le cinéma de Dikongue Pipa, vive le cinéma de Arthur Si Bita, Vive le Cinéma de Sita Bella, Vive le Cinéma de Bassek Ba Kobhio, vive le cinéma de Sembène Ousmane… ». Le parrain des Écrans noirs.

Celui là même qui a cassé son inséparable pipe au terme de la 11e édition, le 9 juin 2007. Le festival ne l’a pas oublié. La preuve en image ; sur une air mélancolique de Talla André Marie. Le défunt écrivain-scénariste-réalisateur sénégalais, lors de son dernier passage au Cameroun, apparaît à l’écran. Salutations, gestes de la main… et une accolade avec la regrettée Sita Bella. Salve d’applaudissements. Hé oui ! La mémé de notre cinéma s’en est aussi allée.

Sembene Ousmane y rappelle l’importance de l’image. Une arme de l’impérialisme culturel que les Africains ne prennent pas à sa juste mesure. Le vieux l’avait compris depuis belle lurette. Le comédien camerounais Émile Abessolo aussi.

Il monte sur le podium pour le dire à haute voix. « Le cinéma africain est absent des grands festivals et des salles de projection et des écrans de télévision (…) » Il faut selon lui que le pouvoir économique mette la main à la patte. Son topo, prévu pour être bref sera abrégé par le public. Impatient de regarder « Ezra ». Il s’agit du film d’ouverture des Écrans noirs 2008, réalisés par Newton Aduaka. Une histoire d’enfants soldats victimes de la guerre en Sierra Leone, où réapparaît Émile Abessolo dans le rôle de Rufus. Les projecteurs des Écrans noirs ainsi lancés vont tourner jusqu’à samedi prochain. Pour que vive le cinéma africain.

Edouard TAMBA

Quand Eto’o “zidanise” un journaliste

Quand Eto’o “zidanise” un journaliste

En général, je préfère écouter la musique. Ca me fait un bien fou. Mais il m’est venu à l’esprit de composer un chanson. Depuis vendredi dernier. Je connais rien au solfège. Encore moins au rythme et autres. Je wanda. Du coup je choisis la parodie. Semble que c’est plus facile. Et donc je remixe le texte d’un titre à succès de Dj Kitoko (le papa des atalaku). Ceux qui connaissent la chanson s’y reconnaîtront.

Silence, et musique

Ceux qui n’ont pas vu comment Boney Philippe a été “zidanisé” par Eto’o levez les doigts!

” On dit conférence de presse oh On n’a qu’a poser questions

Hey mon ami là, dans conférence y’a pas palabres,

Pourquoi vous ne me posez pas des questions ?

Pourquoi vous ne me posez pas des questions ?

Allez têter têter, têter, têter

Eto’o a têté oho

Boney est K.O.

Eto’o a têter oho, il a blessé…

Eto’ooooooooooooooo… Catcheur!

Eto’ooooooooooooooo… Catcheur!

Deux jours que ça m’a pris pour réécrire ça. Pour être plus sérieux, si vous aviez vu ce coup de boule. Je dis seulement ce qu’on ma dit hein! Je n’étais pas là. Et pour cause, j’ai refusé d’aller couvrir cette conférence de presse. Expliquant à ma hiérarchie que je souhaite ne plus avoir à faire au Lions indomptables en tant que reporter. Je n’ai même pas regardé le match les opposant au Cap-Vert. Préférant regarder une fois encore “Les aventures d’un homme invisible” sur Cinécinéma.

Si vous saviez tout le dégoût que j’ai vis à vis de ces sportifs, idoles de tout un continent. L’occasion de les côtoyer pendant les préparatifs de la Can 2008 à Yaoundé a suffi à me permettre de comprendre deux ou trois choses. Ces héros n’ont que du mépris à l’égard des journalistes. Tous des gueux à leurs yeux. Ne vous empressez pas de jeter la pierre à ces lions. Même s’ils souffre de graves déficits en éducation et instruction. Même s’ils se prennent pour des intouchables. Même s’ils se prennent pour des champions du monde qu’ils ne sont pas. Même s’ils ne sont pas des modèles de moralité. Même si… (Jaloux va! me lance une petite voix)

Je suis journaliste, et je lance d’abord la pierre à mes confrères. Ceux là qui ont dû oublier qu’avec les sources d’informations, les protagonistes d’une affaire, les personnalités… il faut avoir le sens du contact et de la distance critique. On ne devient pas l’ami de quelqu’un pour l’avoir interviewé ou côtoyer pour des raisons professionnelles. On ne demande pas à un joueur des cadeaux, son maillot ou de l’argent, fût-il Lions indomptables.

Mes confrères auraient gardé des contacts strictement professionnels que les Lions n’auraient jamais eu l’occasion de les snober pour aller parler à leur confrères de l’occident. Mes confrères seraient restés fiers que jamais les Lions n’auraient eu l’occasion de les mépriser, de les traiter comme de vulgaires clochards.

J’espère que les malheurs de mon grand-frère Boney serviront de leçon à toutes et à tous. J’espère surtout que ce dernier et Radio Siantou poursuivront l’autre en justice. Il doit payer les préjudices physiques et moraux. Idriss Carlos Kameni et son mentor Thomas Nkono, aussi pour avoir arraché cameras de télévisions et téléphones portables des quelques confrères.

Mais, on est où là? Je wanda hein!

Edouard TAMBA