Les Chinois inquiètent les aviculteurs camerounais

FILIERE AVICOLE

L’empire du milieu attaque, les Camerounais tremblent

l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic) et l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) ont signé une convention de partenariat vendredi dernier. L’Etat s’engage à soutenir la filière

La boulimie de l’économie chinoise ne gène pas seulement les grandes puissances occidentales. L’inquiétude grandi chez les opérateurs de la filière avicole au Cameroun. Surtout depuis l’annonce de la construction du complexe « Huanyu Cameroon » au quartier Mvan à l’entrée sud de Yaoundé. Il s’agit d’un projet ayant des objectifs de production de l’ordre de 20 000 poulets de chairs par bande, et 80 000 œufs par jours. L’usine pourrait être opérationnelle d’ici décembre prochain. Le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) y voit un réel danger. Face à la presse le 16 mai 2008, ce dernier rappelle que l’importation du poulet congelé au Cameroun entraînait la perte de 11 500 emplois dans la filière tous les ans. Selon lui, l’arrivée de l’Empire du milieu pourrait être tout aussi nuisible.

« Le véritable problème avec les Chinois c’est que tout est fermé entre eux. On ne sait pas exactement ce qu’ils sont entrain de faire », déclare le président de l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic), Amadou Moussa lors de la même rencontre. Les responsables de l’Acdic et de l’Ipavic indiquent que ces Chinois sont déjà installés dans la province du Sud-Ouest, et évoluent dans l’opacité. « Personnellement ça ne m’effraie pas ; cela ne nous inquiète pas en tant que tel », relativise Amadou Moussa. Quoiqu’il en soit, « les Chinois nous trouverons sur leur chemin », promet Bernard Njonga. Cet optimisme est alimenté par deux nouvelles. Des promesses du gouvernement en vue de soutenir les opérateurs nationaux, et la signature d’une convention entre Ipavic et Acdic.

« Des choses concrètes sont entrain d’être faites…», affirme le président de Ipavic. D’après lui, le gouvernement aurait consenti à réserver 1 milliard de Fcfa à la subvention de la production avicole. A ce milliard s’ajoute 221 autres millions pour l’achat des œufs à couver. Ces œufs devraient assurer la présence d’une quantité de poulets de chair suffisante pour les prochaines fêtes de fin d’année. Quant au milliard de francs, l’Ipavic pense que ce sera utile à l’industrialisation de la filière « On va rentrer dans la modernité », projette l’Ipavic. Ce installant une chaîne d’abattage moderne, et des chambres froides pour la conservation du poulet. Des innovations qui pourraient permettre aux aviculteurs nationaux d’améliorer la production, le conditionnement et la conservation du poulet de chair. Les 20 500 tonnes de déficits de la production locale pourraient ainsi être couverts.

La convention de partenariat liant l’Acdic et l’Ipavic prévoit de veiller au respect d’un certain nombre d’engagements. Notamment l’interdiction d’importation du poulet congelé. Les deux associations envisagent aussi l’élaboration d’un code de norme pour les poulets et les œufs dans l’optique de la création du label « poulet-Cameroun », des actions de veille aux frontières du Cameroun, la mise sur pied d’un fonds de développement de l’aviculture…

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 22-05-08

17 thoughts on “Les Chinois inquiètent les aviculteurs camerounais

  1. Etum

    Alors là c’est tres grave. Déja que les oeufs du nigéria ont envahi nos marchés maintenant ce sont les poulets chinois élévés par des chinois meme si c’est au cameroun. Dommage pour mon pays

  2. Kans

    Enfants, on disait souvent “quand c’est trop c’est laid!”; Ca commence à devenir laid! Non seulement on n’a plus de pouvoir d’achat, mais en plus on perd toute implication dans l’activité économique.
    Je me souviens de l’époque où on méprisait le poulet de ferme…

  3. edouardtamba

    Hé bien, le poulet de ferme c’est du luxe désormais my dear Kans. Ne mange pas le poulet de chair qui veut au pays de Popol. Revolu le bon vieux temps où on préférait le succulent “poulet du village”.
    Le cas du poulet s’étend à l’intégralité de l’économie camerounaise. D’ailleurs tu t’en plaignais ici. Nos gouvernants nous ont aidé à tout abandonné, et les autres en profitent.

    Etum tu parles des oeufs du Nigeria? Le Cameroun importe le maïs, les oignons, la tomate, le blé… Pourtant il ya de vastes étendues de terre fertiles. D’ailleurs les Chinois (encore eux) sont entrain de faire du riz en grande quantité du côté de Nanga Eboko. Fandio de Tf1 a même réalisé tout d’un doc là-dessus. Après le Riz, les oeufs et les poulets, ils vont s’attaquer à autre chose, puis à tout.

  4. Nino

    Humm,

    Ce sont des nouvelles très inquiétantes que tu nous livres là Edouard…

    Très très inquiétantes.
    Nos aînés ont échoué, mais de grâce, qu’ils n’enterrent pas le pays avant de partir…

  5. Lenaelle

    Ils m’énervent ces chinois…à toujours tout faire entre eux!
    C’est vrai que bien manger au pays est désormais devenu un luxe…
    N’empêche que ces chinois, pour qu’ils soient là, autant présents, il a bien fallu qu’on les laisse entrer non?

  6. tsaal

    oui les chinois nous envahissent, j’ai même dernièrement vu à la télé que sur un chantier d’une route dont ils ont gagné le marché ils ont mis de côté tous les camerounais, tous y sont donc chinois, les conducteurs des machines, les manoeuvres et tout le reste ont été remplacés.
    mais où allons donc mon Dieu! Déjà trouver du boulot dans ce pays est un enfer. si encore il faut se le faire voler là y a vraiment un problème.
    je suis pas xénophobe mais j’aimerais juste que le camerounais ait de koi manger et boire dans son pays

  7. Drgéraud

    Salut le Blog et ses blogger’s
    je suis ravi d’intervenir dans le blog!
    J’interviens par rapport à la filière avicole; je ne pense pas que le fait que les chinois investissent dans l’aviculture soit aussi dramatique que ça! au contraire, ils vont participer au développement de la filière avicole du cameroun. En économie, on dit qu’il faut de la concurrence pour créer l’efficacité. Et vous comprendrez là que même sans le savoir, les professionnels de l’aviculture camerounaise sont en train de constater qu’ils ont des concurrents et du coup ils doivent se mettre au travail pour être compétitif. En plus l’Etat vient d’oxygéner l’aviculture camerounaise, c’est le moment où jamais! Il faut que nous profitions de ce moment pour vraiment prendre l’envol. Nous ne manquons pas de compétences ni de ressources et maintenant plus de problème de subvention. Par rapport aux compétences, actuellement le Cameroun reçois une vague d’une centaine de jeunes vétérinaires pluricompétents dont certains sont des spécialistes en aviculture; Puisqu’il n’existe pas de formation agricole pour les éleveurs, ces derniers pourront compter sur les conseils de ces vétérinaires pour être performant dans leur production. Secondairement, le Cameroun à d’enormes terres arables pour produire les céréales pour l’alimentation humaine et animale et ainsi réduire les importations; à ce niveau, je laisse la reflexion au gouvernement pour revoir sa politique agricole. Et enfin concernant les subventions accordées aujourd’hui à l’IPAVIC, c’est un coup d’oxygène comme diront certains, moi aussi! Mais je veux espérer ces subventions soient gérées dans le bon sens, qu’elle ne serve qu’à financer la relance avicole. Ce serait une grande avancée pour le pays lorsqu’en 2010 par exemple on comptera des centaines et des milliers d’aviculteurs qui témoigneront avoir décollé grace à la subvention apportée par l’Etat en 2008.
    En somme, actuellement, suite à la crise alimentaire mondiale et à la faim que nous vivons depuis longtemps au Cameroun, les uns et les autres commencent à comprendre que l’une des solutions viendra par le développement de l’agriculture et l’élevage, dont nous avons toujours eu les potentialités sans bien exploiter!

  8. kara

    c’est vraiment une bonne nouvelle que les chinois investissent dans l,aviculture.
    il faut qu’on arrete de se plaindre, ceux qui sont incapables de s’unir pour être plus fort ne peuvent pas vivre longtemps.

    le danger aurait été d,importer des oeuf et du poulet congelé, mais comme il va être produit sur place, c’est de la valeur ajoutee qui augmente. et quand le poulet sera a la portee des camerounais les plus pauvres, alors le secteur se developpera encore plus. les camerounais finiront par copier la methode chinoise, et sans le savoir s,amelioreront.

    je le redis encore, on doit encourager ceux qui veulent produire chez nous a le faire, et decourager ceux qui veulent juste importer ce que nous produisons deja

  9. gabriel

    Le fait de produire les poulets sur place est une très bonne initiative à encourager ; et je rejoind Kara en affirmant que ce qui est à découragé de très fort cè le fait d’importer les poulets congélés; Néanmoins c’est la politique à adopter par le Gouvernement qui fera que les jeunes Camerounais puissent obtenir gain de cause; Au fait pour moi l’Etat doit encourager de telles initiatives tout en posant des conditions concrètes et indispensables à tout investisseur étranger; telles que la necessité d’un quota bien défini des Nationaux au sein de la structure…

  10. William

    Moi je pense que c’est un défi majeur qui est lancé aux opérateurs du secteur avicole au Cameroun. En effet, pour réduire l’impact de la hausse des prix à l’importation des intrants, les aviculteurs peuvent se regrouper et créer des centrales d’achat et ainsi bénéficier des économies d’échelle.Si un ensemble d’opérations liées à la production des poulets ou des oeufs est faites de façons grouper, l’on peut réduire les coûts de production et mettre sur le marché des produits compétitifs accéssibles à toutes les bourses. Par ailleurs, je pense qu’il y a un peu d’amateurisme dans le secteur. Je crois que IPAVIC devrait recenser les acteurs du secteur et définir un ensemble de normes exigibles pour garantir la modernité et le professionnalisme de ce secteur névralgique.

  11. Léopold

    Je suis particulièrement irrité par le langage de mon compatriote qui pense que le camerounais se plaint trop.
    Nos gouvernants ne nous ont pas laissé la chance de de faire quoi que soit, dans un pays comme le nôtre, l’agriculture devrait être encouragée par les pourvoirs publics pour réduire le chômage. Mais pendant tout le temps depuis les indépendances, ils n’ont fait protègé leurs intérêts et cela aux détriments des intérêts nationaux. Comment ne pas se plaindre quand on connaît les conditions des accords entre le grouvernement camerounais et chinois.
    Nous sommes tout simplement entrain de connaître une autre colonisation.
    Comme admettre que le cameroun ouvre son marché au monde sans réserve et de surcroît sans avoir à vendre lui-même sur ce marché
    Nous sommes entrain de mourir tout simplement

  12. pierre

    Il n’y a pas d’un côté les gouvernant-e-s et de l’autre le citoyen-ne-s ; pas plus les africain-e-s contre les chinois-e-s.

    Sur Terre, il n’y a qu’une seule race parfois géniale et souvent horrible : la race humaine.

    Nous avons chacun-e la responsabilité de cette planète.

    Un ami végétarien me dit amicalement : “Vous, les bouffeurs de chair morte et dévoreuses de cadavres, êtes en train de nous mener tous à notre perte !”.
    Il n’est ni camerounais, ni chinois.
    Mais peu importe : nous le savons nous sommes dans un immense véhicule qui nous emporte.
    Au bout de la route (celle de l’ex Paris Dakar ??), il y a un mur qui barre le chemin.
    Peu importe, dira-ton, le véhicule est costaud, blindé à l’avant, en plus on possède à bord des engins qui, à bonne distance, permettront d’ouvrir une brèche et de passer sans s’arrêter.
    Ok ! D’accord !
    Oui mais, derrière, il y a un gouffre sans fond !
    Et nous continuons de foncer à toute allure… Ô pôvres !

  13. Clément

    Salut chers bloggers.
    A priori, la production agricole dans un pays est une bonne chose et surtout dans les pays africains et en particulier au Cameroun où se nourrir est un véritable parcours de combattant même pour les fonctionnaires! Mais seulement je voudrais faire une toute petite comparaison; nous produisons de la banane de façon industrielle dans le Littoral (Penja, Manjo,…) et le Sud-Ouest, mais seulement dans ces régions là savez-vous combien coutent un doigt de banane ? Ceci pour dire à ceux qui pensent que cette production servira à nourrir les populations camerounaises qu’ils se fourrent les doigts dans les yeux.
    La concurrence dont vous parlez, elle est déloyale donc nous sommes en train d’entrer dans un cercle infernal. Il faudrait savoir qu’il n y a personne qui à assez d’argent au point d’en donner aux autres tout simplement pour porter à l’attention des Camerounais qui encouragent cette initiative que les chinois ne sont pas là au Cameroun pour l’aumone. Le gouvernement n’arrive pas à sécuriser la production locale qui va au Gabon, en Guinée et autres, vous pensez qu’il va empêcher les chinois d’exporter leur production. Le gouvernement devrait être plus responsable en prenant des décisions conséquentes et efficaces et ne pas toujours balayer les critiques en disant “qu’on ne juge que le maçon au pied du mur”. Et quand nous serons au pied du mur, ne pouvant avancer ou réculer avez-vous prévu un plan de sortie les “Hauts cadres”.
    ACDIC et IPAVIC, du courage et ne vous déroutez pas de votre mission regalienne. Le gouvernement est aveuglé par l’inertie et la gabergie et à abandonner les petits producteurs; ces producteurs ne comptent que sur vous ne les lâchez pas !!!

  14. Bachir Mohammed

    Hum…! Nous somme battu sur notre propre terrain les gar! Le scandale s’est déjà posé et ce qui est plus pire ce que c’est notre gouvernement qui nous enfonce. Imaginé d’ici 10 ans il restera quoi pr nous? Travailler dans le gouvernement… ???!!! Notre économie deviendra la leur! Je pri tout simplement que Dieu nous vienne en aide

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