La Croix-Rouge camerounaise cherche son autonomie

HUMANITAIRE

La Croix-Rouge camerounaise cherche son autonomie

 

Quarante-cinq ans d’existence et zéro autonomie. C’est la situation que connaît actuellement la Croix-Rouge camerounaise (Crc). « La Croix-Rouge camerounaise a besoin de ses moyens propres », déclare le président de cette institution, William Aurélien Eteki Mboumoua. Ce dernier s’exprime ainsi devant un parterre de journaliste, hier 06 mai 2008 au siège de la Crc à Yaoundé. La conférence de presse sert de lancement des activités marquant la célébration de la 61e journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge. Une occasion pour le président de la Crc d’annoncer l’initiative de « la mise sur pied d’un fonds d’urgence humanitaire ». Un fond qui permettrait à la Crc de pouvoir se déployer avec rapidité et efficacité en cas d’accident ou de catastrophe. Car depuis sa reconnaissance officielle en 1963, « le Croix-Rouge camerounaise se présente les mains nues », confie W.A. Etéki Mboumoua.
Des secouristes étaient les premiers lors du dernier afflux de population tchadienne vers l’Extrême-Nord du Cameroun. « Le Haut-Commissariat des réfugiés est arrivé à Kousseri dix jours après nos secouristes », révèle le président de la Crc avant de regretter que durant ces dix jours d’avance, ces volontaires n’ont pu rien faire. Faute de moyens propres. Ces mêmes humanitaires étaient les premiers sur les lieux des inondations au quartier Nkolbisson à Yaoundé. Mais ils n’ont pu apporter que de l’eau aux sinistrés. « J’aurais voulu apporter plus d’eau, de la nourriture, des couvertures… avant que le gouvernement n’intervienne », poursuit-il. C’est avec la même impuissance que la Crc est intervenue lors des dernières crises majeures que rappelle son président. Notamment le crash aérien de Mbanga Pongo en mai 2007 et les violentes manifestations de février dernier.
A chaque fois, le Crc a attendu l’assistance d’organismes mondiaux comme le Fédération internationale des sociétés la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, le Cicr, pour être pourvu en matériels (bottes, brancards, masques, body-bags…) « Nous voulons avoir un fonds pour nous mouvoir tout de suite ; nous voulons être autonome et géré de manière efficace les problèmes qui se présentent », plaide W.A. Etéki Mboumoua. Il se refuse à avancer le montant de ce fonds car la Crc manque de tout. Pas de véhicules, centres logistiques insuffisants, caisses vides… « On ne peut pas évaluer », lâche-t-il. N’empêche que ses collaborateurs et lui ont imaginé un moyen de générer des fonds. Une soirée de gala le 10 mai prochain à l’hôtel Hilton à Yaoundé.
Mais avant, plusieurs activités sont prévues entre les 6 et 10 mai 2008. Des expositions ventes au siège de la Crc, des journées portes ouvertes avec consultations gratuites au Centre médico-social Henry Dunant, des dons de sang et dons aux handicapés, des ateliers, des spectacles culturels et sportifs…

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 06-05-2008

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