Les Etats-Unis réclament les équipements de Magic Fm

Liberte de la presse

Les Etats-Unis tancent le « new deal » communicationnel

La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse joue les prolongations à Yaoundé. A cet effet, l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun a organisé hier, 5 mai 2008, une vidéoconférence dans ses locaux. Thème retenu : « Le journalisme responsable en période de crise nationale ». C’est depuis Paris que le conférencier s’est exprimé sur la question. Ce dernier, George Kazolias, est professeur à l’Université américaine de Paris, et travaille avec Radio France Outre-mer (Rfo) et l’Agence internationale d’Images Tv (Aitv). Avant la conférence-débat, madame l’ambassadeur des Etats-Unis n’a pas loupé l’occasion de tancer (une fois de plus) le gouvernement camerounais. Cette dernière salue les efforts « en vue d’améliorer le travail des médias publics et privés ».
Mais, on en est pas encore à une « évolution vers une approche plus moderne et plus visible », selon son excellence Janet E. Garvey. Le saut vers cette modernité passe par deux étapes. D’une part, « rouvrir Magic Fm, Equinoxe Radio et télévision fermés récemment », indique l’ambassadeur. Et d’autre part, « attribuer les licences d’exploitation promises il y a trois ans déjà, et qui sont engluées dans la bureaucratie », poursuit Mme Garvey. A ce propos, « certaines stations sans licences opèrent sous la menace d’une sanction tacite. Cette mesure peut être utilisée pour fermer les médias qui disent des choses qui ne plaisent pas à quelques individus », relève-t-elle. Avant d’en appeler à « la bienveillance du ministre de la Communication afin qu’il baisse les coûts des licences à des niveaux réalistes et raisonnables, et de délivrer les licences si longtemps attendues ».
Cette dernière n’a pas manqué de revenir sur les violentes manifestations de février dernier. Durant cette crise, « les équipements d’une station de radio relayant les programmes de la Voix de l’Amérique ont été confisqués. Les équipements confisqués appartiennent au gouvernement des Etats-Unis », rappelle Mme Garvey. Elle dit avoir pris langue avec les officiels camerounais pour la libération de ces équipements. Un gouvernement étonnement silencieux qui lui rappelle les pays de l’ex bloc communiste. « J’ai vécu et travaillé dans des pays de l’Europe de l’Est à la fin de la Guerre froide, où les régimes essayaient de réduire le peuple au silence », révèle-t-elle. Mais en vain.
Le propos de l’ambassadeur s’est étendu à la situation de la liberté de la presse dans le monde. Relevant au passage que 156 journalistes ont été interpellés en 2007 en Afrique. Ces statistiques produits par l’association mondiale des journaux (World association of newspaper… ) indiquent aussi que 13 journalistes ont été tués et 127 autres emprisonnés à travers le monde. L’association Committee to protect journalist affirme que 17% de hommes de médias ont été incarcérés en violation de la loi.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du  06-05-2008

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