Louis Paul Motazé plaide pour les exclus de la sécu

LIVRE

Mon plaidoyer pour les exclus de la sécu

Louis Paul Motazé envisage la réforme et l’extension de la sécurité sociale dans son ouvrage présenté au public camerounais jeudi et vendredi dernier.

« L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale – L’exemple du Cameroun ». En sa qualité d’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), l’auteur de l’ouvrage ainsi nommé semble maîtriser son sujet. Mais il tient à préciser que ce n’est pas une larme qu’il verse sur ce qu’il n’a pas pu faire en 9 ans de service à la tête de la Cnps. Car l’extension de la prise en charge par la sécurité sociale des travailleurs dits « indépendants », et ceux relevant de l’économie informelle « n’est pas du tout le travail de la Cnps. C’est le travail des pouvoir public », précise l’auteur, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) depuis le 7 septembre 2007.

L’ouvrage révèle justement que ces deux catégories représentent environ 82,5% du nombre total de travailleurs au Cameroun. C’est-à-dire que la sécurité sociale ne couvre que les 17,5 restant. Il s’agit selon les chiffres de la Cnps de 2005, de 130 696 fonctionnaires relevant du portefeuille de l’Etat, et 728 746 travailleurs salariés du secteur privé structuré régis par le Code du travail. « En conséquence, la population active occupée non encore couverte par le champ d’application des régimes de sécurité sociale du Cameroun est évaluée à 4 003 558 travailleurs (…) », déplore Louis P. Motazé. Ce qui amène son essai à la problématique de l’extension de la sécurité sociale à ces 82,5%. Afin que ces derniers accèdent au minimum déjà disponible au Cameroun : la couverture des accidents de travail et maladies professionnelles, des prestations familiales et des pensions vieillesse, invalidité et décès.

L’approche se veut méthodique. D’abord distinguer les travailleurs indépendants (médecin, avocat, huissier ingénieur, commerçant entrepreneur, artisan, directeur général…) d’une part, et ceux de l’économie informelle d’autre part. Les premiers peuvent en principe s’inscrire à la Cnps grâce à l’ « assurance volontaire ». L’auteur souhaite que cela soit rendu obligatoire. Mais « compte tenu de l’impossibilité » matérielle de connaître le revenu réel du travailleur indépendant assujetti, on ne peut se référer qu’à un revenu forfaitaire qui sera déterminé par référence au salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) », propose-t-il. Pour ce qui est du secteur informel, « l’option ou l’alternative préconisée pour ces catégories en matière de pension consiste en la mise en lieu et place du régime classique professionnel vertical, d’un régime transversal à points où chaque point correspond à une journée de travail », poursuit-il. Les propositions vont jusqu’au méthode de calcul des différentes pensions.

Le livre se projette aussi sur la réforme du système existant au Cameroun et « l’introduction d’une dose minimale de couverture de l’assurance maladie dans le système camerounais de protection sociale », et « l’institutionnalisation d’une assistance sociale pour les personnes à mobilité réduite ». Le plaidoyer de L.P. Motazé s’étend sur sept (7) chapitres, séparés chacun par une page de garde. A ces pages blanches s’ajoutent six (6) page vierges avant la quatrième de couverture. Ce qui en rajoute au volume de ce livre dont la force des caractères n’est pas loin de 14 points. Des tableaux en annexes remplissent 56 des 212 pages de l’ouvrage. L’auteur a tout de même bénéficié de la plume du directeur général du Bureau international du travail pour la préface. Un livre qu’il dit avoir écrit « pour faire comme les autres », parce que ses amis journalistes le lui ont conseillé, et « parce que le sujet est important ». Car, c’est un « combat [qui] est difficile, mail il est noble et mérite donc d’être engagé et gagné », confie Louis Paul Motazé.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 28-04-08

Louis Paul Motazé
L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale – L’exemple du Cameroun
Pyramide papyrus presse, Paris 2008
212 pages, 10 000 Fcfa ( 21 Euros)

2 thoughts on “Louis Paul Motazé plaide pour les exclus de la sécu

  1. Joel Didier Engo

    “Louis Paul Motazé, L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale – L’exemple du Cameroun”

    Une sécurité sociale pour tous: il n’y a évidemment pas de combat plus noble que celui-ci…en République.

    Mais nous ne devons jamais perdre de vue qu’un tel “combat” n’a de chance d’être gagné, que si un pays pauvre et endetté comme le Cameroun, retrouve effectivement et durablement le chemin de la prospérité économique…avec une réduction significative du chômage, une croissance forte, et surtout une plus grande maîtrise de l’économie informelle.

    En ce sens le plaidoyer du ministre Louis-Paul Motazé est une première pierre angulaire, à un édifice forcément collectif.

    Je vous remercie

    Joel Didier ENGO

  2. Esther

    Bonjour Mr Louis Paul Motaze
    Je suis heureuse que vous pensiez à ceux qui ont travaillés pendant des ans chez des patrons voleurs qui n’ont jamais honoré aux cotisations de leurs employés et sa avec la complicité de certains agents de la cnps et ce même chef d’entreprise gagnant des marchés à la cnps j’espère que qu’un jour même les amis des directeurs seront sanctionnés par leur abus vis à vis des employés et de l’Etat

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