Diam’s en fiasco à Yaoundé

SPECTACLE

L’amateurisme brise l’éclat de Diam’s à Yaoundé

Le concert de Diam’s s’est achevé en queue de poisson samedi 26 avril 2008 à Yaoundé. Après l’échec du 19 janvier dernier

Le concert est annoncé pour 17h. Heure à laquelle l’organisation du concert installe encore le matériel, teste la sonorisation. Et la foule commence à s’impatienter. Les quatre grandes entrées de l’hôtel de ville sont prises d’assaut. Seules les personnes possédant les billets Vip entrent en compte-goutte. Il est 17h55 lorsque la foule perd patience. L’entrée principale de l’esplanade de l’hôtel de ville est traversée de force. Il faut jouer des coudes pour avancer. Quelques personnes tombent et se font marcher dessus. L’étroitesse de ce portail amène la population à escalader la clôture. Les barricades sensées protégées les espaces vertes sont renversées, et la pelouse piétinée. Les vigiles sont rapidement débordés et assistent impuissants au spectacle.

Certains ramassent des chaises en plastique au passage. Ils s’en servent d’abord pour se frayer un chemin. Ensuite, pour se tenir dessus ; debout. Quelques animateurs montent sur le podium et commence à « chauffer » le public. S’ensuit un appel de détresse. « Où est la sécurité ? », lance Tony Nobody. « On est débordé ici, s’il vous plaît les gars doucement. Attention à la console », poursuit-il tel un prêcheur dans le désert. C’est autour de 19h20 que les autres portails sont ouverts. La bousculade continue. Et les conséquences apparaissent derrière le podium. « Passage passage », crie les brancardiers. Des personnes victimes de malaises arrivent presque toutes les minutes par brancard. C’est sur l’asphalte qu’elles sont déposées. Sur le podium, le spectacle continue. Thierry OIemba, « l’homme orchestre », fait son show. Des sonorités de caisses claires, tambours, guitare basse… sortent de sa bouche. Pour le grand bonheur de la foule qui en redemande. Des victimes continuent d’arriver du côté de ce qui tien lieu d’infirmerie.

« Les véhicules sont en réfection pour le défilé du 20 mai, on a une seule voiture », révèle un sapeur pompier. C’est à 20h30 que le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, débarque sur le lieu du macabre spectacle. Avec le 2e adjoint au commissariat central n°I, et le directeur général de Orange Cameroun, Philippe Lucxey, dans sa suite. « Ce sont des jeunes. C’est la première fois qu’une telle artiste fait un spectacle ici », commente Tsimi Evouna comme pour justifier les débordements observés. Il glisse ensuite quelques billets de 10 000 Fcfa au staff médical et s’en retourne. « Ils [les organisateurs du concert, ndlr], nous ont dit que le concert allait de 17h à 21h. Donc mon contrat s’achève à 21h », indique à voix basse le médecin de l’équipe.

Une rumeur sourde annonce qu’il demande l’annulation du concert. C’est sur le podium que le délégué du gouvernement réapparaîtra, pour faire son show. « J’étais à paris hier. J’ai pris l’avion à Roissy Charles de Gaulle à 11h. Je suis arrivé ici à 18h. Et me voici », raconte celui que ses collaborateurs ont surnommé « Homme sec ». « Tout va très bien », assure-t-il à l’assistance avant d’affirmer que Diam’s arrive. C’est à 21h30 que celle-ci fait son apparition, toute en noir. Elle lance « La boulette (génération non non) ». « Alors ouais, j’me la raconte, ouais ouais, je déconne. Non non ce n’est pas l’école qui m’a dicté mes codes. On l’a dit qu’t’aimais le rap, voilà de la boulette. Sortez les briquets, sortez les briquets (…)», entonne la rappeuse. Le public exulte et chante avec elle. Le temps d’un couplet. Puis la sono lâche.

Diam’s quitte la scène. On apprend qu’un câble aurait lâché. Tsimi Evouna réapparaît pour arranguer la foule. Rien n’y fait. Diam’s ne reviendra pas. Malgré les espoirs du public resté en masse. « Orange faux réseau, Orange faux réseau… », scande la foule. D’autres spectateurs se défoulent en brisant les sièges. « Rentrez chez vous », leur lance la police autour de minuit et demi. Déçu, le public se résout à partir. Non sans avoir traité les organisateurs du concert de tous les noms d’oiseaux et de reptiles.

Edouard TAMBA

6 thoughts on “Diam’s en fiasco à Yaoundé

  1. Nino

    Merci Edouard,

    Tu es un génie.
    Je retiens qu’Orange n’a pas voulu mettre les moyens pour réussir, je pense que ça soit l’argent qui leur manque.

    En tout cas, le “Orange, faux réseau” risque de leur coller à la peau très longtemps…

  2. Pingback: Diam’s se rate complètement à Yaoundé : 20mai.net

  3. Isabelle Patricia

    Le Directeur Commmercial et marketingn doivent sauter. Je crois que Orange a investit énormement pour cette histoire mais comme les Camerounais aiment bien garder un peu pour eux, ils n’ont pas voulu utiliser tout le financement prévu pour celà. Les conséquences est que les gens sont morts parceque la sécurité était reduite à 0.
    Orange doit payer les pots cassés.

  4. tsaal

    là Orange a fait fort en terme de “rattage complet” bon sang leur image va en partir je n’ose imaginer à quel point. Ils ont eu la préssion à 2 niveaux, deux raisons valables de faire de cet évènement un “succès total”: le rendez-vous manqué de janvier et le succès de SEAN PAUL d’MTN. 2 bonnes raisons de faire ravaler leurs critiques aux camerounais, mais ils n’ont fait qu’agraver leur cas. c’est pitoyable. le nom d’Orange associé à un bide pareil…la côte d’MTN et celle d’Orange…
    Quelle image, non mais quelle image! ich! Diam’s avec toute la façon que je l’ai vu chaude à la télé là! hum Orange a fait le plus gros bide de l’année, la pire “boullette” alors ouais ils ont déconné, alors ouais ils ont été cons. çà c’est sûr.
    Bon pardon il faut que je quittes Edouard parce que si je commence avec Orange ici là hum! j’ai trop à dire donc je quitte!

  5. Doval

    yello, yello yello
    c’est mon nouveau réseau
    yello yello
    c’est mon nouveau bimbo
    MTN c’est le meilleur réseau
    MTN c’est cool des réseau

    c’est tout Orange c’est des voleurs, tout ce qui appartiens au Français, c’est pour voler

Leave a Reply