Les curiosités de l’affaire Feicom en justice

AFFAIRE FEICOM

Chronique d’un procès truffé de curiosités

L’affaire Feicom relève de l’inédit dans la justice Camerounaise. Trente deux (32) personnes avaient été appelées à comparaître devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Après l’ordonnance de renvoi, la première audience eu lieu le 14 novembre 2006. Le 28 juin 2007, presque huit mois après le début, Mme Noah Ebella Marie, présidente du Tgi, tranche. Quatorze (14) personnes condamnées, à 10 à 50 ans de prison. Elles devaient verser près de 14 milliards de Fcfa au Feicom. Et dix-sept (17) autres personnes s’en étaient sorties non coupables.

Le 25 septembre 2007, la saga « Ministère public et Feicom contre Emmanuel Gérard Ondo Ndong et les autres », reprend. Cette fois devant la Cour d’appel du Centre. Mme Mangue Berthe préside les audiences. Sept mois pus tard, cette juridiction tranche. Vingt-cinq (25) personnes sont déclarées coupables. Dont onze qui s’étaient vues acquittées par le Tgi. Les peines varient de 20 à 10 ans. Et, le préjudice subi par le Feicom s’élève à près de 26 milliards de Fcfa. La Cour d’appel a eu la main moins lourde. Certains condamnés vont se pourvoir en cassation. N’empêche que du Tgi à la Cour d’appel, bien de curiosités persistent.

En témoigne les observations des avocats et condamnées. « Je n’étais pas seule », se défend Mme Omballa Née Noviabla Ablavie Koffi durant la plaidoirie pour les circonstances atténuantes. Cette dernière vient de voir sa peine de 10 ans maintenue. Ce pour faux et usage de faux en écriture publique et privée, et détournement de deniers publics. Elle a reconnu avoir été recrutée au Feicom grâce à un baccalauréat contrefait. Dame Omballa révèle que cinquante personnes avaient été débusquées au Feicom avec de « faux diplômes », en même temps qu’elle.  « Il y a avaient des femmes et les enfants des grands de ce pays. Ils sont partout là, surtout à la Cnps », révèle-t-elle, amère. Et de se demander pourquoi on ne les a pas poursuivi aussi.

Dans le même cadre, Mme Ellessa Soppo Suzanne Grâce, ex sous-directeur du budget, des marchés et contrats, condamnée à 10 ans de prison ferme,  se pose les mêmes questions. Elle est condamnée pour avoir pris part à une opération de reprise de véhicules avec la Cami Toyota. La condamnée avoue son ignorance quant aux aspects technique de la transaction. Et elle demande pourquoi la Cami Toyota n’a pas été appelée à comparaître, au moins pour expliquer l’opération jugée frauduleuse.

Dans ce procès, des personnes ont été retenues dans les liens de la prévention pour avoir bénéficiés d’aides financières irrégulières. D’autres, n’ont jamais été inquiétées. Notamment la fondation Chantal Biya, Gervais Mendo Ze, Roger Milla…  Il est reproché à Ondo Ndong d’avoir accordé des aides à des membres du Conseil d’administration tels que Lekene Ndonfack, Emile Andze Andze… Ces derniers n’ont jamais appelés à comparaître. Encore moins Koungou Edima Ferdinand, président du Conseil d’administration, et le reste du Conseil d’administration qui validait la gestion de l’ex Dg. Pour se défendre, on parle ici de l’opportunité de poursuite dont jouit le procureur. Curieux !

Par Édouard TAMBA

In Le Messager du 18-04-08

2 thoughts on “Les curiosités de l’affaire Feicom en justice

  1. credo

    Simulacre de justice. Les innocentés de 1ère instance condamnés pour jeter la poudre aux yeux du peuple! Une macarade de justice. Honte à la justice camerounaise!

  2. Kans

    Ce n’est pas juste, mais c’est déjà ca!
    Il faut que les gens aient peur, qu’ils craignent au moins la loi qui peut se retourner contre eux et que ca tempère leur boulimie de l’argent public.

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