Abah Abah, Olanguena Awono et cie… inculpés

EPERVIER II

Abah Abah, Olanguena Awono… inculpés

Les personnalités interpellées le 31 mars denier à Yaoundé ont été transférées de la Direction de la police judiciaire à la prison centrale de Yaoundé aux premières heures d’hier. L’information judiciaire prend la relève de l’enquête préliminaire.

La prison centrale de Yaoundé a de nouveaux pensionnaires. Il s’agit principalement de l’ex-ministre de l’Economie et des finances, Polycarpe Abah Abah, et l’ex-ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono. Neuf de leurs anciens collaborateurs font partie de la bande. Il s’agit notamment des secrétaires permanents des comités nationaux de lutte contre le sida (Dr Maurice Feuzeu), le paludisme (Dr Raphaël Thérèse Okala), et la tuberculose (Dr Wang), et d’autres responsables du Trésor public, de la direction des Impôts et du ministère de la Santé publique, parmi lesquels trois (3) femmes.
“ Ils sont arrivés ici vers 1h du matin ”, apprend-on à la Prison centrale de Yaoundé (Pcy). “ Les femmes ont été envoyées au quartier 5, et les hommes sont dans les quartiers 11 et 12 ”, précise notre source. Comme il est d’usage ici, les onze (11) prévenus ont été auscultés par le staff médical de la Pcy. Leurs parents se bousculent déjà pour leur apporter à manger. Tandis que les avocats se préparent pour la suite des événements. Leurs clients étant pour l’instant en détention préventive. C’est le 9 avril dernier, aux environs de 23h 40 que ces personnes ont été fixées sur leur sort. A l’issue d’une audition de près de deux heures d’horloge devant le juge d’instruction.
Tout y commence autour de 19h30 lorsqu’on extrait les quatorze détenus des cellules de la direction de la police judiciaire (Dpj). Le premier stop a lieu au bureau du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Une centaine de parents, connaissances, curieux et policiers en civil attend à l’extérieur. Les détenus sortent du bâtiment vers 21h20. On apprend alors que le procureur de la République a ordonné la relaxe du secrétaire permanant adjoint du Comité national de lutte contre le sida, et le chef du service administratif et financier du même Comité. Les douze autres personnes s’engouffrent dans les cars de la police, en direction des services du juge d’instruction à quelques 200m du parquet.
Les lamentations des femmes reprennent de plus belle. Une dame lève ses béquilles et maudit les policiers. Ces derniers font une ceinture de sécurité pour tenir la foule à bonne distance. Quelques personnes “ tuent le temps ” en avalant des bouteilles de bière vendue à côté ou en pérorant sur l’issue de l’audition. L’ambiance est subitement troublée par une explosion de joie. “ Merci seigneur ! On est nous sortis sur ça ! Jésus Christ, tu es merveilleux ”, lance une dame, avant d’entonner un cantique de louange à Dieu. Et pour cause, le magistrat instructeur vient de “ libérer ” une prévenue : Mme Mbadjon Chantal. “ Ca ne m’étonne pas. Les instructions sont venues de la présidence pour qu’on la relaxe, elle travaille là-bas ”, commente un curieux. En effet, Mme Mbadjon y est en fonction comme chargée d’étude.
Une source proche du dossier laisse entendre que cette dernière a été inculpée, mais se présentera libre devant le juge d’instruction. L’ex-trésorier payeur général de Yaoundé, Etogo Mbezele Luc Evariste, bénéficie de la même mesure. Leurs compagnons de détention n’auront pas la même chance. Tous embarquent vers 23h 30 dans les cars de la police. “ Ils ont tous été mis en détention préventive et inculpés ”, indique un avocat qui précise qu’ils savent désormais ce qui leur est reproché. Leur départ du parquet pour la Pcy est encore suivi de cris et pleurs. C’est à partir de ce nouveau lieu de détention qu’ils seront sollicités pour l’information judiciaire ouverte par le magistrat instructeur.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-04-2008

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