Abah Abah s’écroule à la Pj

Opération épervier II

Abah Abah s’écroule à la Pj

Le renouvellement, de 48h, de sa garde à vue, lui a été notifié sur son lit à l’Hôpital central de Yaoundé. Les enquêtes se poursuivent pour les autres personnes interpellées.

Non ! ” lâche sèchement le directeur de l’Hôpital central de Yaoundé, Biwole Sida Magloire, en détalant vers son bureau. Il s’adresse ainsi à des reporters l’ayant sollicité vers 17h pour en savoir davantage sur l’état de santé de Polycarpe Abah Abah. Ce dernier y étant interné depuis la mi-journée, suite à un malaise cardiaque (information à confirmer), selon une source. L’ex ministre de l’Economie et des finances (Minefi) reçoit des soins au “ Pavillon réanimation – Soins intensifs ”. La grille d’entrée de ce bâtiment est tenue par un cadenas de couleur noire. Et cinq policiers veillent. Armés. “ Allez vous renseigner à la guérite ou chez le directeur. Ne venez plus ici ”, lance un inspecteur de police aux journalistes. Et de les suivre pour s’assurer qu’ils sont vraiment partis.
Une source hospitalière affirme que Abah Abah va mieux. Il s’est réveillé et a retrouvé l’usage de la parole. La même source révèle qu’il pourrait être déplacé de cette unité, vers le pavillon haut standing. “ Il est arrivé là vers 11h ”, affirme-t-on ici. On y apprend aussi que l’ex membre du gouvernement est arrivée à bord d’une ambulance, escortée par des pick-up de la police. Son médecin et des membres de sa famille l’accompagnaient. C’est ensuite que d’autres parents sont venus à son chevet. Le dispositif de sécurité déployé à cet effet a rendu la journée difficile pour les usagers et même pour le personnel de l’hôpital.
Vers 16h, la tension est montée dans ce pavillon. Des policiers sont venus notifier au malade la prorogation de sa garde à vue. Ce pour une durée de 48h. Les flics tenaient à notifier Abah Abah en personne “ contre l’avis du médecin ”, eu égard à son état de santé. “ Ce n’est pas normal ”, s’en plaint Me Nouga, avocat du malade. Selon lui, c’est de l’acharnement. “ Les policiers peuvent notifier cette prorogation à ses avocats ”, suggère-t-il.

Etat critique
Le malaise dont souffre Polycarpe Abah Abah serait survenu aux environs de 8h hier, 2 avril 2008. Une autre source précise que le concerné prenait sa douche à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il y est en effet détenu depuis le matin du 31 mars 2008. “ Je commence à m’inquiéter pour la santé de mon client. Je ne comprends pas. On l’a laissé en santé hier soir ”, s’inquiète Me Nouga.
Le lendemain, c’est un coup de fil qui l’informe de ce que son client a eu un choc. “ Est-ce que ce sont les conditions de détention, avec le froid, les moustiques, les rats, et il dort à même le sol, ou autre chose qui ont provoqué ce malaise ”, s’interroge l’avocat.
L’avocat et ses confrères rappliquent à la Dpj, ainsi que la famille et le médecin. Ils sollicitent l’évacuation de Abah Abah où il “ pourra recevoir de meilleurs soins ”. Niet ! Leur répond-on. Les officiers de police judiciaire en charge de l’enquête exigent de prendre connaissance du dossier médical de leur hôte. Au regard de ce dossier et de l’état de l’enquêté, “ les officiers ont aussi souhaité qu’il soit évacué. Mais ils sont revenus nous dire que des instructions venues de hauts lieux ne le permettent pas ”, relate Me Nouga.
Face à la situation apparemment critique, les hauts lieux ont finalement consenti à l’évacuation. Ensuite, “ Il a été admis en réa dans un état inquiétant ”, dit l’avocat. L’hospitalisation de l’ex ministre met ainsi une pause à l’audition dont il fait l’objet depuis lundi. Une situation quasi similaire à celle de l’ex trésorier payeur général de Yaoundé, Etogo Mbezele Luc Evariste. Lui aussi est interné dans un hôpital. C’est son épouse qui vient répondre aux questions de la police.
Quant à leurs compagnons de malheur, ils répondent aux enquêteurs de vive voix. Il s’agit de Urbain Olanguena Awono et Feuzeu Maurice et Okala Raphaël. Certaines sources annonçaient hier qu’ils y ont été rejoints par Hélène Mewoulou, Sylvain Ngono, Zacharie Abongo et Rose Banfegha.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 03-04-2008

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