Perquisition au domicile de Abah Abah

OPERATION EPERVIER II

Perquisition au domicile de Abah Abah

Les auditions des personnalités interpellées le 31 mars dernier à Yaoundé se poursuivent. La police continue ses enquêtes.

La nuit a dû être longue pour les personnalités interpellées lundi à Yaoundé. Ces dernières ayant dormi du 31 mars au 1er avril 2008 en détention à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il s’agit de Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, les Dr Maurice Feuzeu et Raphaël Okala. Quand à Luc Evariste Etogo Mbezele, il serait interné dans un hôpital de la ville suite à des ennuis de santé. Hier matin, l’ambiance est quasi similaire à celle de la veille. Une trentaine d’usagers sont regroupés à la droite du bâtiment. Attendant d’être appelés. Quatre policiers sont postés devant ce qui sert de parking à la Dpj. Mitraillette au poing. Ils dévient tous les passants et usagers. ” Les avocats ne sont pas encore là. Attendez là-bas “, répond un gardien de la paix au reporter aux environs de 9h. ” Les auditions se poursuivent à l’intérieur “, affirme une source plus tard, sans plus de détails. Ce que confirme Me Nouga, conseil de Abah Abah, face à la presse dans l’après midi.
L’avocat reste avare en déclarations, quant à la procédure et les charges pesant sur les personnes interpellées. ” Mon client, tout au moins, est en garde à vue, et est détenu dans les conditions de garde à vue des cellules camerounaises. Il a difficilement accès à ses avocats et à sa famille. Avec notre intervention, il réussit quand même à rencontrer sa famille et ses avocats “, indique Me Nouga. ” Les enquêtes sont en cours, et vous saurez le reste le moment venu. Pour des besoins professionnels, vous comprenez qu’en ce moment, je ne puisse pas donner la moindre information s’agissant de cette enquête. Elle relève du secret professionnel “, poursuit-il. Me Nouga se montre plus prolixe pour dénoncer des irrégularités dans la procédure en cours. Il dit ne pas comprendre qu’on interpelle quelqu’un avant de chercher les preuves pour l’accabler. Et de se plaindre : ” Nous avons passé la journée d’hier à attendre les faits pour lesquels M. Abah est interpellé “.
Me Nouga accuse…
Comme si cela ne suffisait pas, les médias en rajoutent, selon lui. ” Mon client est jeté à la vindicte des médias. Une personne arrêtée ne doit pas faire l’objet de commentaire aussi tendancieux “, estime l’avocat. Il pense que son client ne serait pas aussi riche que le prétend des journaux de la place. ” Dans cette bataille, la presse peut être facilement instrumentalisée, au bénéfice de la pauvreté, du ‘gombo’… “, croit Me Nouga. Ces mêmes médias, selon lui, ” indiquent une certaine inimitié entre Abah Abah et le délégué général à la Sûreté nationale “. Raison pour laquelle il avoue sa gêne quant au fait que l’enquête soit menée par les services de la police. L’avocat appelle la presse à soutenir une justice crédible. ” Sans une justice crédible, il ne peut avoir de lutte contre la corruption et les détournements. Je voudrais engager une bataille pour une justice crédible dans ce pays “, lance-t-il.
Et ” pourquoi la justice va être sérieuse seulement avec Abah Abah ? Pourquoi une telle prise de position alors que d’autres personnalités à l’instar de Edzoa Titus, Ondo Ndong, Engo Désiré, Mounchipou Seïdou… en souffrent ? ” lui demande les journalistes. ” Je suis sorti au moment où je me suis senti concerné. Il m’a constitué, et j’entends faire de la même manière pour ceux qui me constitueront. Je voudrais une justice crédible pour Abah, Paul Biya ou le dernier des vandales (…) A l’heure actuelle, notre justice court un risque “, se défend Me Nouga, pressé de rejoindre son client, Abah Abah. Le domicile de ce dernier est perquisitionné depuis hier aux environs de 17h, par les soins des policiers. Ils savent certainement ce qu’ils cherchent. Wait and see.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 02-04-2008

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