Monthly Archives: April 2008

Diam’s en fiasco à Yaoundé

SPECTACLE

L’amateurisme brise l’éclat de Diam’s à Yaoundé

Le concert de Diam’s s’est achevé en queue de poisson samedi 26 avril 2008 à Yaoundé. Après l’échec du 19 janvier dernier

Le concert est annoncé pour 17h. Heure à laquelle l’organisation du concert installe encore le matériel, teste la sonorisation. Et la foule commence à s’impatienter. Les quatre grandes entrées de l’hôtel de ville sont prises d’assaut. Seules les personnes possédant les billets Vip entrent en compte-goutte. Il est 17h55 lorsque la foule perd patience. L’entrée principale de l’esplanade de l’hôtel de ville est traversée de force. Il faut jouer des coudes pour avancer. Quelques personnes tombent et se font marcher dessus. L’étroitesse de ce portail amène la population à escalader la clôture. Les barricades sensées protégées les espaces vertes sont renversées, et la pelouse piétinée. Les vigiles sont rapidement débordés et assistent impuissants au spectacle.

Certains ramassent des chaises en plastique au passage. Ils s’en servent d’abord pour se frayer un chemin. Ensuite, pour se tenir dessus ; debout. Quelques animateurs montent sur le podium et commence à « chauffer » le public. S’ensuit un appel de détresse. « Où est la sécurité ? », lance Tony Nobody. « On est débordé ici, s’il vous plaît les gars doucement. Attention à la console », poursuit-il tel un prêcheur dans le désert. C’est autour de 19h20 que les autres portails sont ouverts. La bousculade continue. Et les conséquences apparaissent derrière le podium. « Passage passage », crie les brancardiers. Des personnes victimes de malaises arrivent presque toutes les minutes par brancard. C’est sur l’asphalte qu’elles sont déposées. Sur le podium, le spectacle continue. Thierry OIemba, « l’homme orchestre », fait son show. Des sonorités de caisses claires, tambours, guitare basse… sortent de sa bouche. Pour le grand bonheur de la foule qui en redemande. Des victimes continuent d’arriver du côté de ce qui tien lieu d’infirmerie.

« Les véhicules sont en réfection pour le défilé du 20 mai, on a une seule voiture », révèle un sapeur pompier. C’est à 20h30 que le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, débarque sur le lieu du macabre spectacle. Avec le 2e adjoint au commissariat central n°I, et le directeur général de Orange Cameroun, Philippe Lucxey, dans sa suite. « Ce sont des jeunes. C’est la première fois qu’une telle artiste fait un spectacle ici », commente Tsimi Evouna comme pour justifier les débordements observés. Il glisse ensuite quelques billets de 10 000 Fcfa au staff médical et s’en retourne. « Ils [les organisateurs du concert, ndlr], nous ont dit que le concert allait de 17h à 21h. Donc mon contrat s’achève à 21h », indique à voix basse le médecin de l’équipe.

Une rumeur sourde annonce qu’il demande l’annulation du concert. C’est sur le podium que le délégué du gouvernement réapparaîtra, pour faire son show. « J’étais à paris hier. J’ai pris l’avion à Roissy Charles de Gaulle à 11h. Je suis arrivé ici à 18h. Et me voici », raconte celui que ses collaborateurs ont surnommé « Homme sec ». « Tout va très bien », assure-t-il à l’assistance avant d’affirmer que Diam’s arrive. C’est à 21h30 que celle-ci fait son apparition, toute en noir. Elle lance « La boulette (génération non non) ». « Alors ouais, j’me la raconte, ouais ouais, je déconne. Non non ce n’est pas l’école qui m’a dicté mes codes. On l’a dit qu’t’aimais le rap, voilà de la boulette. Sortez les briquets, sortez les briquets (…)», entonne la rappeuse. Le public exulte et chante avec elle. Le temps d’un couplet. Puis la sono lâche.

Diam’s quitte la scène. On apprend qu’un câble aurait lâché. Tsimi Evouna réapparaît pour arranguer la foule. Rien n’y fait. Diam’s ne reviendra pas. Malgré les espoirs du public resté en masse. « Orange faux réseau, Orange faux réseau… », scande la foule. D’autres spectateurs se défoulent en brisant les sièges. « Rentrez chez vous », leur lance la police autour de minuit et demi. Déçu, le public se résout à partir. Non sans avoir traité les organisateurs du concert de tous les noms d’oiseaux et de reptiles.

Edouard TAMBA

Louis Paul Motazé plaide pour les exclus de la sécu

LIVRE

Mon plaidoyer pour les exclus de la sécu

Louis Paul Motazé envisage la réforme et l’extension de la sécurité sociale dans son ouvrage présenté au public camerounais jeudi et vendredi dernier.

« L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale – L’exemple du Cameroun ». En sa qualité d’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), l’auteur de l’ouvrage ainsi nommé semble maîtriser son sujet. Mais il tient à préciser que ce n’est pas une larme qu’il verse sur ce qu’il n’a pas pu faire en 9 ans de service à la tête de la Cnps. Car l’extension de la prise en charge par la sécurité sociale des travailleurs dits « indépendants », et ceux relevant de l’économie informelle « n’est pas du tout le travail de la Cnps. C’est le travail des pouvoir public », précise l’auteur, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) depuis le 7 septembre 2007.

L’ouvrage révèle justement que ces deux catégories représentent environ 82,5% du nombre total de travailleurs au Cameroun. C’est-à-dire que la sécurité sociale ne couvre que les 17,5 restant. Il s’agit selon les chiffres de la Cnps de 2005, de 130 696 fonctionnaires relevant du portefeuille de l’Etat, et 728 746 travailleurs salariés du secteur privé structuré régis par le Code du travail. « En conséquence, la population active occupée non encore couverte par le champ d’application des régimes de sécurité sociale du Cameroun est évaluée à 4 003 558 travailleurs (…) », déplore Louis P. Motazé. Ce qui amène son essai à la problématique de l’extension de la sécurité sociale à ces 82,5%. Afin que ces derniers accèdent au minimum déjà disponible au Cameroun : la couverture des accidents de travail et maladies professionnelles, des prestations familiales et des pensions vieillesse, invalidité et décès.

L’approche se veut méthodique. D’abord distinguer les travailleurs indépendants (médecin, avocat, huissier ingénieur, commerçant entrepreneur, artisan, directeur général…) d’une part, et ceux de l’économie informelle d’autre part. Les premiers peuvent en principe s’inscrire à la Cnps grâce à l’ « assurance volontaire ». L’auteur souhaite que cela soit rendu obligatoire. Mais « compte tenu de l’impossibilité » matérielle de connaître le revenu réel du travailleur indépendant assujetti, on ne peut se référer qu’à un revenu forfaitaire qui sera déterminé par référence au salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) », propose-t-il. Pour ce qui est du secteur informel, « l’option ou l’alternative préconisée pour ces catégories en matière de pension consiste en la mise en lieu et place du régime classique professionnel vertical, d’un régime transversal à points où chaque point correspond à une journée de travail », poursuit-il. Les propositions vont jusqu’au méthode de calcul des différentes pensions.

Le livre se projette aussi sur la réforme du système existant au Cameroun et « l’introduction d’une dose minimale de couverture de l’assurance maladie dans le système camerounais de protection sociale », et « l’institutionnalisation d’une assistance sociale pour les personnes à mobilité réduite ». Le plaidoyer de L.P. Motazé s’étend sur sept (7) chapitres, séparés chacun par une page de garde. A ces pages blanches s’ajoutent six (6) page vierges avant la quatrième de couverture. Ce qui en rajoute au volume de ce livre dont la force des caractères n’est pas loin de 14 points. Des tableaux en annexes remplissent 56 des 212 pages de l’ouvrage. L’auteur a tout de même bénéficié de la plume du directeur général du Bureau international du travail pour la préface. Un livre qu’il dit avoir écrit « pour faire comme les autres », parce que ses amis journalistes le lui ont conseillé, et « parce que le sujet est important ». Car, c’est un « combat [qui] est difficile, mail il est noble et mérite donc d’être engagé et gagné », confie Louis Paul Motazé.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 28-04-08

Louis Paul Motazé
L’Afrique et le défi de l’extension de la sécurité sociale – L’exemple du Cameroun
Pyramide papyrus presse, Paris 2008
212 pages, 10 000 Fcfa ( 21 Euros)

Aes Sonel, Snec et Camtel ralentissent les travaux au Palais des sports

INFRASTRUCTURES

Aes Sonel, Snec et Camtel ralentissent les travaux

Le Palais des sports en construction à Yaoundé a reçu la visite des ministres en charge des sports, et des affaires sociales le22 avril 2008.

Le délai de livraison du futur palais des sports de Yaoundé est incertain. Selon le chef de la mission de contrôle, Elemva François, « On aurait du livrer ce joyaux architectural en fin février 2008, mais il y a eu des aléas… ». L’échéance désormais fixée à juillet 2008 n’est pas plus sûre. Le ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) s’est voulu rassurant hier à l’issue de la visite du chantier. « Au niveau du ministère des sports et de l’éducation physique, nous savons que les travaux vont bon train (…) Nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet. Les délais seront tenus Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ». Le chef de la mission de contrôle se veut plus précis. « Les travaux sont réalisés à 80%. Nous sommes dans le second œuvre, c’est-à-dire les finitions. Pour ce qui est de la date de livraison, c’est assez complexe. On craint de donner une date exacte. L’entreprise nous a promis de livrer le bâtiment en fin juillet 2008 », indique Elemva François.

L’air dubitatif de ce dernier tient de l’attitude de certaines entreprises dont les prestations sont encore attendues. Selon lui, Aes-Sonel, Snec et Camtel tardent à entamer leurs travaux pour l’adduction d’eau, d’électricité et l’arrimage du bâtiment à la fibre optique. Ces entreprises ont elle-même préparé leurs factures, à en croire le chef de la mission de contrôle. Ce pour un montant global d’environ 250 millions de Fcfa, dont 200 millions pour l’électricité. « L’argent est déjà là. On les supplie même d’aller signer les marchés », confie Elemva F. L’un de ses collaborateurs précise que l’argent a été débloqué par le ministère des finances à la suite d’une injonction expresse du premier ministre au cours d’une réunion.

Le cas de la Snec a pu être présenté au Minsep pendant la visite du chantier. « Il faut qu’on puisse avoir accès à l’eau avant de mettre le plafond. C’est impératif. Si la Snec peut venir (…) », signalait le chef de la mission de contrôle à Augustin Edjoa. Cette disposition tient du fait que l’entreprise a fait passer les canalisations dans le plafond. Ce qui oblige les plombiers à vérifier l’étanchéité de l’ouvrage avant la pause des panneaux devant recouvrir le plafond. Le secrétaire général du Minsep, N’Hanack Tonye a indiqué ici que le marché avec la Snec pourrait être signé d’ici à la fin de cette semaine. Au-delà des prestations des ces entreprises, d’autres types de travaux n’ont pas encore été entamés. C’est le cas de la fixation des sièges, la fourniture des meubles de bureau et du salon Vip, les équipements sportifs et les équipements de régie audio, vidéo et téléphonique. A cela s’ajoute les sanitaires, la peinture, la vitrerie, le carrelage externe… et la décoration.

Le tour de ce palais des sports aura au moins vu la satisfaction d’un visiteur : le ministre des affaires sociales, Cathérine Bakang Mbock. Et pour cause, l’ouvrage assure la mobilité des handicapés. « Dans le cas de ce chantier, nous sommes rassurés. L’intégration de l’approche handicap est effective. Nous avons les rampes d’accès à toutes les tribunes. Le revêtement des sols est fait en matériaux antidérapant ce qui permet aux personnes à béquilles de se mouvoir sans problème », se réjouit-elle. Et le must pour ces derniers, ceux équipés de chaises roulantes ont une cinquantaine de place réservées juste derrière la tribune présidentielle.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 23-04-08

La Cour d’appel rattrape 12 accusés dans l’affaire Feicom

AFFAIRE FEICOM

La cour d’appel du Centre a rendu son verdict dans le cadre de l’affaire de détournement de deniers publics au Fond spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (Feicom). Des peines revues à la baisse.

La Cour d’appel rattrape 12 accusés

 

 

« Il y a encore quoi ici ? », s’interroge un vendeur de canne en sucre mercredi dernier. Ce dernier ne comprend pas qu’à 18 heures, il y ait encore autant de monde dans, et autour, de la grande salle du Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi. La foule est venue vivre en direct, le dernier épisode du feuilleton « Ministère public et Feicom contre Ondo Ndong et les autres », version Cour d’appel. Depuis environs 8 heures chrono, Mme Mangue Berthe, présidente du tribunal, monologue. Après avoir relu intégralement le jugement n° 371 rendu par le Tgi, le 27 juin 2007, elle en vient « aux choses sérieuses ».  Le jugement sur les culpabilités des trente un accusés concernés. Dix-huit sont présents sur les bancs à eux réservés. Tous calmes, et têtes baissées.

C’est alors que le ciel s’abat sur certaines de ces têtes. Edjang Marie Carine, Elessa Soppo Grâce, Ngo Bayanack Florentine, Kooh Berthe, Edmond Medjo, Mibe Célestin, Ndoukan Pierre… Douze personnes au total qui avaient été déclarées non coupable par le Tgi. L’épervier de la justice vient de les rattraper. Une rumeur sourde parcoure la salle. Parents et connaissances murmurent leurs désapprobations. Certains sanglotent. Tout le contraire de l’ambiance du côté de Tchuinte Nantchouang Dieudonné, condamné à 20 ans de prison ferme par le Tgi. Selon la présidente, il « ne saurait être retenu » pour détournement de denier public et est par conséquent déclaré « non coupable ». Sa fille, d’abord crispée, expire bruyamment. « Merci seigneur », lance-t-elle avant d’aller crier se joie hors de la salle, avec sa mère (épouse de l’accusé), et d’autres parents.

Tchuinte Nantchouang, la tête toujours baissée, semble impassible. Ses treize (13) autres compagnons de détention n’auront pas le même bonheur. Tous restent dans les liens de la prévention. « Nous ne vous demanderont pas d’aggraver leurs peines », lance le procureur général. Selon lui, ces personnes déjà déclarées coupables par le Tgi se sont bien comportées pendant les débats. « Ondo Ndong a reconnu avoir usé des missions fictives… », relève le Ministère public. Quand au groupe des douze cités plus haut, ce dernier demande « l’emprisonnement à vie avec mandat de détention » pour les présents. Les femmes de ce groupe n’arrêtent de faire des va-et-vient entre le banc des accusés et l’urinoir à l’air libre. Elessa Soppo finit par craquer. Elle éclate en sanglots, et rêve que Paul Biya viendra les sortir de la culpabilité.

 

26 milliards de Fcfa

La plaidoirie sur les circonstances atténuantes laisse place à des sermons et autres discours émotifs. « Je suis innocent, aussi vrai que Dieu existe », clame Edmond Medjo. « Je n’ai dit que la vérité », poursuit Ze Abel Ruben. « Je vous fais confiance. Comme je fais confiance à celui qui a mis en place ce système judiciaire. Ce n’est pas vous qui allez me juger (…) C’est Dieu », conclut l’ex directeur général du Feicom, Emmanuel Gérard Ondo Ndong. La collégialité des juges prend une pause d’environ deux (2) heures. Et revient annulé le jugement de la Tgi, pour des motifs tels que « violation de la loi »… Puis tombent les peines. Ondo Ndong en prend pour 20 ans de prison ferme, soit 30 ans en moins que la dernière peine. L’ex contrôleur financier, l’ex agent comptable, l’ex directeur des finances et du matériel, passent de 48 à 15 ans de prison ferme. L’ex caissier principal,  écope de 10 ans. Tout comme le prestataire Aaron Kaltjob, Bityé Bi Ebanga, Mibe Célestin…et la presque totalité des personnes autrefois acquittées.

Seule Mme Omballa née Ablavie Koffi voit sa peine confirmée à 10 ans de prison ferme. « Je félicite la justice camerounaise. J’étais condamné pour 10, et on a maintenu ma condamnation.  Je n’irais pas à la cour suprême. Ca sert à quoi ? D’ailleurs je n’ai pas les moyens. Je n’arrive même pas à manger en prison. Je suis victime d’un acharnement de Akoa [Camille Philippe Akoa, directeur général du Feicom, ndlr] », se plaint-elle. Ses compagnons de détention et elle devront verser 25,850 milliards de Fcfa au Feicom pour préjudice matériel. Et 100 millions de frais de procédure. Leurs biens seront saisis, de même qu’ils se voient déchu de leurs droits civiques. Ils ont jusqu’au 26 avril prochain pour se saisir la Cour suprême et contester la décision de la Cour d’appel du Centre. Ce que promet déjà Me Nguini, conseil de Bessala Nsana. Quand à Evina Bidoung, Ngotcho Nyamsi, Ekomesse Luc Albert, Ndode Jeremiah et Onana Janvier, ils restent libres.

Par Édouard TAMBA

In Le Messager du 18-04-08

Déclarés coupables par la Cour d’appel

 

1-Ondo Ndong Emmanuel Gérard, 62 ans : 20 ans (Tgi 50 ans)
2- Mbella Moise, 48 ans : 15 ans (Tgi 48 ans)
3- Nguema Ondo Dieudonné, 51 ans : 15 ans (Tgi 48 ans)
4- Bessala Nsana Jean, 50 ans : 15 ans (Tgi 48 ans)
5- Ketchami Charles, 52 ans : 10 ans (Tgi 35 ans)
6- Bitye Bi Ebanga Roseline Bertille, 35 ans : 10 ans ( Tgi 20 ans)
7- Zé Zé Justin, 47 ans, (En fuite) : 20 ans (Tgi 30 ans)
8- Mme Omballa née Noviabla Ablavie K. Elisabeth, 41 ans : 10 ans (Tgi 10 ans)
9- Angué Carine, 30 ans, (en fuite): 20 ans (Tgi 25 ans)
10- Monébang Eto Alain, 37 ans, (En fuite) : 20 ans (Tgi 30 ans)
11- Peh VI Daniel Gauthier, 57 ans, (En fuite)  : 10 ans (Tgi 40 ans)
12- Kaltjob Aaron, 68 ans : 10 ans ( Tgi 20 ans)
13- Ndéma Assounou Bonaventure, 36 ans, (En fuite) : 20 ans ( Tgi 25 ans)
14- Ze Abel Ruben, 47 ans : 10 ans ( acquitté par le Tgi)
15- Medjo Edmond, 52 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
16- Olinga Mvogo, 57 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
17- Ndjomo Nomo Venceslas, 67 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
18- Ndoukan Pierre, 52 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
19- Mibe Célestin,  65 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
20- Ngo Bayanack Clémentine, 38 ans : 10 ans (acquittée par le Tgi)
21- Edjang Marie Carine, 35 ans : 10 ans (acquittée par le Tgi)
22- Elessa Soppo Grâce, 47 ans : 10 ans (acquittée par le Tgi)
23- Etoga M. Gabrielle Epse Kouamidjo, 44 ans : 10 ans (acquitté par le Tgi)
24- Kooh Berthe, 50 ans : 20 ans (acquittée par le Tgi)

25- Abessolo Eyi : 10 ans (acquitté par le Tgi)
 

 

Déclarés non coupables par la cour d’appel

 

1- Tchuinté Namtchueng : Condamné à 20 ans par le Tgi
2- Ngotcho Nyamsi épouse Ndanfeu ;
3- Evina Bidoung Georges ;
4- Ekomesse Luc Albert ;
5- Ndode Jeremiah ;

6- Onana Janvier

Les curiosités de l’affaire Feicom en justice

AFFAIRE FEICOM

Chronique d’un procès truffé de curiosités

L’affaire Feicom relève de l’inédit dans la justice Camerounaise. Trente deux (32) personnes avaient été appelées à comparaître devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Après l’ordonnance de renvoi, la première audience eu lieu le 14 novembre 2006. Le 28 juin 2007, presque huit mois après le début, Mme Noah Ebella Marie, présidente du Tgi, tranche. Quatorze (14) personnes condamnées, à 10 à 50 ans de prison. Elles devaient verser près de 14 milliards de Fcfa au Feicom. Et dix-sept (17) autres personnes s’en étaient sorties non coupables.

Le 25 septembre 2007, la saga « Ministère public et Feicom contre Emmanuel Gérard Ondo Ndong et les autres », reprend. Cette fois devant la Cour d’appel du Centre. Mme Mangue Berthe préside les audiences. Sept mois pus tard, cette juridiction tranche. Vingt-cinq (25) personnes sont déclarées coupables. Dont onze qui s’étaient vues acquittées par le Tgi. Les peines varient de 20 à 10 ans. Et, le préjudice subi par le Feicom s’élève à près de 26 milliards de Fcfa. La Cour d’appel a eu la main moins lourde. Certains condamnés vont se pourvoir en cassation. N’empêche que du Tgi à la Cour d’appel, bien de curiosités persistent.

En témoigne les observations des avocats et condamnées. « Je n’étais pas seule », se défend Mme Omballa Née Noviabla Ablavie Koffi durant la plaidoirie pour les circonstances atténuantes. Cette dernière vient de voir sa peine de 10 ans maintenue. Ce pour faux et usage de faux en écriture publique et privée, et détournement de deniers publics. Elle a reconnu avoir été recrutée au Feicom grâce à un baccalauréat contrefait. Dame Omballa révèle que cinquante personnes avaient été débusquées au Feicom avec de « faux diplômes », en même temps qu’elle.  « Il y a avaient des femmes et les enfants des grands de ce pays. Ils sont partout là, surtout à la Cnps », révèle-t-elle, amère. Et de se demander pourquoi on ne les a pas poursuivi aussi.

Dans le même cadre, Mme Ellessa Soppo Suzanne Grâce, ex sous-directeur du budget, des marchés et contrats, condamnée à 10 ans de prison ferme,  se pose les mêmes questions. Elle est condamnée pour avoir pris part à une opération de reprise de véhicules avec la Cami Toyota. La condamnée avoue son ignorance quant aux aspects technique de la transaction. Et elle demande pourquoi la Cami Toyota n’a pas été appelée à comparaître, au moins pour expliquer l’opération jugée frauduleuse.

Dans ce procès, des personnes ont été retenues dans les liens de la prévention pour avoir bénéficiés d’aides financières irrégulières. D’autres, n’ont jamais été inquiétées. Notamment la fondation Chantal Biya, Gervais Mendo Ze, Roger Milla…  Il est reproché à Ondo Ndong d’avoir accordé des aides à des membres du Conseil d’administration tels que Lekene Ndonfack, Emile Andze Andze… Ces derniers n’ont jamais appelés à comparaître. Encore moins Koungou Edima Ferdinand, président du Conseil d’administration, et le reste du Conseil d’administration qui validait la gestion de l’ex Dg. Pour se défendre, on parle ici de l’opportunité de poursuite dont jouit le procureur. Curieux !

Par Édouard TAMBA

In Le Messager du 18-04-08

Bbc à l’assaut du Nord Cameroun

COMMUNIQUE DE PRESSE

14 avril 2008

Une “Journée Cameroun” pour marquer le lancement du nouveau relais FM de la BBC à Garoua

La BBC marquera le lancement officiel de son nouveau relais FM dans la ville de Garoua, avec une journée spéciale de programmes consacrés au Cameroun, le vendredi 18 avril. Ce relais diffusera des programmes en anglais, en français et en haoussa, à destination de la ville de Garoua et ses environs.

La station de Garoua, qui émet sur la fréquence 94.4 FM, vient compléter un solide réseau de relais comprenant ceux de Yaoundé (98.4 FM), Bamenda (95.7 FM), et Douala (101.3 FM). Par ailleurs, à partir de la mi-avril, les auditeurs de Yaoundé et Douala pourront écouter les programmes de la BBC sur Real Time Music (106 FM), grâce à un nouvel accord de partenariat passé entre RTM et la BBC.

S’exprimant sur cet événement, Ruxandra Obreja, Directrice du Développement des Réseaux de distribution au Service Mondial de la BBC, a noté que “la nouvelle fréquence de Garoua sur 94.4 FM porte à quatre le nombre de relais de la BBC au Cameroun”, ajoutant : “C’est merveilleux que nous puissions servir nos émissions en qualité FM à un plus grand nombre d’auditeurs à travers le pays. J’espère qu’ils vont apprécier nos programmes en anglais, en français et en haoussa, notamment ceux qui ont été prévus à l’occasion de la Journée Cameroun. Nous avons également le plaisir d’annoncer que dans le cadre des manifestations prévues, la BBC va organiser une session de formation en journalisme radio à l’intention des professionnels du monde des médias au Cameroun.”

Sur l’ensemble du continent africain, les auditeurs de la BBC écouteront, le 18 avril, des reportages en anglais, en français et en haoussa, réalisés aux quatre coins du pays.

Les émissions prévues dans le cadre de cette journée spéciale comprennent aussi bien des débats autour de sujets importants tels que les migrations, le tourisme, la politique, la culture, que des discussions interactives avec la participation des auditeurs, des interviews de personnalités camerounaises de premier plan et des programmes musicaux.

Le relais de la BBC à Garoua, sur 94.4 FM, diffusera à l’intention des auditeurs francophones, les principaux programmes d’informations de BBC Afrique : BBC Matin, BBC Midi et BBC Soir.

Quant aux auditeurs anglophones, ils auront le plaisir de retrouver sur la nouvelle fréquence, les émissions les plus populaires de la BBC consacrées à l’Afrique, à savoir : Network Africa, un programme d’informations présentant les principales nouvelles du jour et comprenant des rubriques sportives, des magazines et de la musique, ainsi que Focus on Africa, une émission quotidienne d’informations et d’analyses consacrée à l’Afrique.

Le nouveau relais de la BBC à Garoua diffusera aussi des programmes quotidiens d’informations en haoussa, à 05:30, 06:30, 13:45 et 19:30 GMT.

Fin

Recit d’une journée noire d’événements

Quelle journée !!!

Garder ça pour moi ? Non ! Je ne peux pas. Ca me démange, tellement j’en ai souffert. Et pourtant tout avait bien commencé ce matin du mercredi 9 avril 2008. Un petit déjeuner comme je n’en prends presque jamais. Et une entrevue plus que fructueuse avec M. mon père. J’en avais le sourire d’une oreille à l’autre. Et je ne vis pas que les heures s’écoulaient. Du coup je me mets sur mon 31, et cap sur mon lieu de service. J’y arrive nyangalement vers 11h. La secrétaire répond à mon bonjour en me tendant une enveloppe. Je lui lâche un gros merci, convaincu qu’il y a de bonnes nouvelles. Je suis tellement obnubilé par le bon début de la journée que je manque de voir le sourire en coin de cette dernière. Et quand j’ouvre l’enveloppe qui en fait n’était pas fermée : krack boom ! Ah la coquine. Elle le savait.

D’ailleurs, c’est elle qui a du imprimer ce truc là. Je n’en reviens pas. Une demande d’explication. J’ai 24h pour « expliquer » mon absence « injustifiée » à la réunion du matin. « Mamy wata ! », m’exclame-je à voix basse. Comment ai-je pu oublier qu’il y avait une réunion très importante ce matin. Le genre de chose qui ne m’arrive jamais. Je viens là d’alourdir mon dossier disciplinaire. Un dossier pas très léger à la vérité. Je m’assois donc et bafouille en écrit des excuses du genre impératif d’ordre familial et bla bla bla… Quelle baffe ! Entre 12h et 19h, je fais profil bas. Je perds aussi l’usage de la parole. Je reçois des instructions aux environs de 19h15 qui m’obligent à rester seul à l’agence. Y a même pas moyen de placer un mot pour me soustraire. Merde !

Je me mets donc au travail. A peine cinq minutes de pianotage frénétique sur mon clavier et driiiiiiiiing. Je suis sollicité sur mon téléphone cellulaire. Une source (que je tiens à ne pas voir tarir de sitôt) me file une info de chez info. « Gars, on amène les gens là au parquet ». Encore ? Et ma source de préciser que cette fois ce n’est pas le dilatoire, « quelque chose va se passer ». Je laisse donc tout tomber. Même ma mauvaise gueule d’indiscipliné sanctionné. En route pour le parquet. Le lieu est envahi par la foule. Des parents et connaissances des « gens » signalés plus haut. Ces « gens » sont entendus par le Monsieur le procureur de la République (ou un de ses substituts). Ca commence à durer. 1, 2, 10, 60…120 minutes. Et ce n’est pas fini. Monsieur le procureur de la République a délivré à 12 de ces « gens » un réquisitoire introductif d’instance (je ne sais pas ce que ça veut dire).

De toutes les façons, les gens en question se dirigent chez le juge d’instruction. Ca dure encore deux heures. Le climat se « glacifie ». Les membres de la famille sanglotent. Certains maudissent la police, le pouvoir en place et tutti quanti. Moi quoi là dedans? J’envois seulement les infos (par téléphone) à ma rédaction. C’est autour de minuit que le verdict tombe. Détention préventive pour onze de ces « gens ». Au moment de filer cette info (toujours par téléphone), j’apprend que le journal est déjà parti à l’imprimerie. Malchance ! Le temps, le froid, le crédit de mon cellulaire… pour des clous. C’est donc à minuit passé que je commence à stopper le taxi en direction d’un quartier qui n’est pas la porte d’à côté. « 400 Mendong », fais-je pompeusement et sans succès.

Un couple me rejoint dans cette galère en face de la Sonel Centrale. D’où ce qu’ils sortent à pareille heure ? Allez savoir. En tout cas, la fille va aussi à Mendong. Les enchères baissent. Un taxi nous emmène à 250 F par tête. Un accident vient de se produire à moins de 200m du lieux de départ. Un motocycliste gît au sol. Sa moto est coupée en deux. Guidon, roue avant et réservoir d’une part. Le reste de l’autre. Le conducteur du véhicule impliqué dans l’accident est penché sur le motocycliste. Pas le temps de savoir s’il respire encore. Notre chauffeur met les pleins gaz. C’est au niveau de Olézoa qu’il me vient à l’esprit de vérifier que j’ai des jetons pour payer le taximan. Que nenni ! J’ai plutôt des billets. Un de 5000 Fcfa, et un autre de… 5000Fcfa. Merde !

« Chauffeur, je viens de me rendre compte que je n’ai pas de petite monnaie. Vraiment…excuse moi, j’ai 5000 ! », lâche-je avec douceur et politesse. « Ah bon ! J’espère qu’il n’est pas encore minuit, on va essayer de faire la monnaie dans une station », rétorque-t-il. Ouf ! J’ai cru un instant qu’il allait me virer de sa voiture. Maintenant je prie pour qu’il y ait des stations-service ouvertes. Texaco Olezoa fermée. Mobil (OiLybia je voulais dire) Olezoa, hors-service. Texaco Nsimeyong fermée. Peut-être que Dieu est allé au petit coin. Si c’est le cas, faut qu’il se dépêche, vu que l’avant-dernière station-service du parcours est à moins de 2Km. Mais au niveau du Carrefour Acacia : BOOM. La roue arrière droite du taxi vient de tomber dans une bouche d’égout béante. Sans couvercle. Notre chauffeur manœuvre et sort du trou. Fin de parcours. La roue et ses accessoires sont « kapout ». Merde !

A moins d’un Km de OiLybia Rond-point express ? Tous les commerces des environs sont fermés. Sans demander son reste, le taximan nous abandonne là. Et ma voisine (de taxi et de quartier) de me proposer d’emprunter un taxi, et on verra une fois à destination. Je n’ai d’autre choix que d’accepter la proposition. Encore qu’elle n’a rien d’indécente. « Ca va ici chauffeur », crie ma voisine, à plusieurs centaines de mètres de ma destination. « J’ai payé pour vous hein ! Ca va », me dit-elle en descendant. « Mais je …izdhiehdfefhroighlek²… enfin, merci ! Et passez une bonne nuit ! », réussis-je à bredouiller. « Merci », murmure-t-elle avant de s’éclipser dans la pénombre. Ne me demander pas comment elle s’appelle. Je ne suis même pas sûr de pouvoir la reconnaître en route. Une fois à la maison, Merde !

J’ai oublié mes clés au bureau en me précipitant au parquet. Décidément. Ma petite sœur à un double, mais je découvre qu’elle est en vacance chez une tante. Me voilà donc squatteur chez… Bande de curieux. Je ne vous dévoilerais pas le lieu de mon sommeil. Toujours est-il que j’ai dormi. Je me suis réveillé le matin. J’ai pris une douche speed. J’ai rediffusé mes fringues de la veille sur moi. Et j’étais le premier à pointer son nez à l’agence. Evitant au maximum de prendre la parole. Histoire de digérer en solo mes malheurs de la veille et en me disant que ça aurait pu être pire. What a day!

Edouard

Abah Abah, Olanguena Awono et cie… inculpés

EPERVIER II

Abah Abah, Olanguena Awono… inculpés

Les personnalités interpellées le 31 mars denier à Yaoundé ont été transférées de la Direction de la police judiciaire à la prison centrale de Yaoundé aux premières heures d’hier. L’information judiciaire prend la relève de l’enquête préliminaire.

La prison centrale de Yaoundé a de nouveaux pensionnaires. Il s’agit principalement de l’ex-ministre de l’Economie et des finances, Polycarpe Abah Abah, et l’ex-ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono. Neuf de leurs anciens collaborateurs font partie de la bande. Il s’agit notamment des secrétaires permanents des comités nationaux de lutte contre le sida (Dr Maurice Feuzeu), le paludisme (Dr Raphaël Thérèse Okala), et la tuberculose (Dr Wang), et d’autres responsables du Trésor public, de la direction des Impôts et du ministère de la Santé publique, parmi lesquels trois (3) femmes.
“ Ils sont arrivés ici vers 1h du matin ”, apprend-on à la Prison centrale de Yaoundé (Pcy). “ Les femmes ont été envoyées au quartier 5, et les hommes sont dans les quartiers 11 et 12 ”, précise notre source. Comme il est d’usage ici, les onze (11) prévenus ont été auscultés par le staff médical de la Pcy. Leurs parents se bousculent déjà pour leur apporter à manger. Tandis que les avocats se préparent pour la suite des événements. Leurs clients étant pour l’instant en détention préventive. C’est le 9 avril dernier, aux environs de 23h 40 que ces personnes ont été fixées sur leur sort. A l’issue d’une audition de près de deux heures d’horloge devant le juge d’instruction.
Tout y commence autour de 19h30 lorsqu’on extrait les quatorze détenus des cellules de la direction de la police judiciaire (Dpj). Le premier stop a lieu au bureau du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Une centaine de parents, connaissances, curieux et policiers en civil attend à l’extérieur. Les détenus sortent du bâtiment vers 21h20. On apprend alors que le procureur de la République a ordonné la relaxe du secrétaire permanant adjoint du Comité national de lutte contre le sida, et le chef du service administratif et financier du même Comité. Les douze autres personnes s’engouffrent dans les cars de la police, en direction des services du juge d’instruction à quelques 200m du parquet.
Les lamentations des femmes reprennent de plus belle. Une dame lève ses béquilles et maudit les policiers. Ces derniers font une ceinture de sécurité pour tenir la foule à bonne distance. Quelques personnes “ tuent le temps ” en avalant des bouteilles de bière vendue à côté ou en pérorant sur l’issue de l’audition. L’ambiance est subitement troublée par une explosion de joie. “ Merci seigneur ! On est nous sortis sur ça ! Jésus Christ, tu es merveilleux ”, lance une dame, avant d’entonner un cantique de louange à Dieu. Et pour cause, le magistrat instructeur vient de “ libérer ” une prévenue : Mme Mbadjon Chantal. “ Ca ne m’étonne pas. Les instructions sont venues de la présidence pour qu’on la relaxe, elle travaille là-bas ”, commente un curieux. En effet, Mme Mbadjon y est en fonction comme chargée d’étude.
Une source proche du dossier laisse entendre que cette dernière a été inculpée, mais se présentera libre devant le juge d’instruction. L’ex-trésorier payeur général de Yaoundé, Etogo Mbezele Luc Evariste, bénéficie de la même mesure. Leurs compagnons de détention n’auront pas la même chance. Tous embarquent vers 23h 30 dans les cars de la police. “ Ils ont tous été mis en détention préventive et inculpés ”, indique un avocat qui précise qu’ils savent désormais ce qui leur est reproché. Leur départ du parquet pour la Pcy est encore suivi de cris et pleurs. C’est à partir de ce nouveau lieu de détention qu’ils seront sollicités pour l’information judiciaire ouverte par le magistrat instructeur.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-04-2008

Le parquet renvoie Abah Abah et Olanguena à la Pj

EPERVIER II

Le parquet prolonge les séjours des prévenus à la Pj

Abah Abah, Olanguena Awono et leurs compagnons de détention ont encore passé la nuit dans les cellules de la Direction de la police judiciaire (Dpj) à Yaoundé. Mais avant de dormir, ils ont tous fait un tour au parquet du Tribunal de grande instance du Mfoundi. C’est aux environs de 19h qu’ils sont arrivés sur les lieux. Sous forte escorte des éléments des équipes d’intervention rapide (Esir). Une centaine de parents, connaissances et curieux est déjà sur les lieux. Certains ne s’empêchent pas de pleurer. Les prévenus descendent des deux cars de type Toyota Hiace qui les transportent. Les pleurs et cris redoublent d’ardeur à leur vue. Abah Abah, vêtu d’un costume sombre et d’une chemise blanche, les gratifient d’une geste de la main.

Les détenus s’engouffrent dans le bâtiment, en direction du bureau du procureur de la République, Ntamack Fils. S’ensuit des piles de documents liés aux enquêtes dont ils font l’objet. Un cameraman de télévision nationale se voit dessaisi de caméra de force. Et lui-même est amené manu militari dans le bâtiment. La police veille à l’extérieur. Ce dernier, ressort du bâtiment un quart d’heure plus tard. Sans la caméra. « C’est le procureur de la République lui-même qui a demandé de prendre la camera. Je n’ai rien filmé de mauvais. On a vu les images ensemble. Je filmais seulement dehors », explique-t-il, encore sous le choc. Un mouvement de policier interrompe ses explications. « Il n’y a rien hein ! On les ramène à la Pj », lance une avocat à une connaissance dans a foule. « Ils rentrent à la Pj pour complément d’enquête », apprend-on d’un avocat.

Selon lui « les éléments présentés au procureur de la République ont été jugés insuffisants » par ce dernier. L’avocat pense que « c’est l’illégalité qui se poursuit ». Les détenus apparaissent ensuite au perron du bâtiment. Olanguena Awono et ses ex collaborateurs prennent place dans un des cars. Idem pour l’ex Minefi dans l’autre car. Un Suzuki 4×4 de la Surêté nationale prend la tête du groupe de véhicules, suivi des deux cars et d’un pick-up chargé des éléments des Esir, armés. Et c’est en trombe qu’ils prennent le départ. Leur passage devant la foule déclenche à nouveau des cris et lamentations. « Woooyoooh ! », « On les amène où ? »… Certains n’hésitent pas à proférer des injures à l’endroit de policiers.

C’est depuis la Dpj que cette ambiance de quasi-deuil est observable. Ces proches des détenus y ont débarqué vers 13h, hier. Informé que les détenus étaient sur le point d’être déféré devant le parquet. Durant 5h d’horloge, ils attendent. Déchargeant leur colère sur les policiers. « Wèèèh ! Pourquoi vous faites tout ça ? Ils ont tué qui ? », se lamente une dame à chaude larme. Et un autre de rétorquer : « Laissez-les. N’est-ce pas vous avez déjà modifié votre constitution… » Insuffisant pour arrêter policiers. Et le suspense joue les prolongations. Edouard TAMBA

Des militaires enlèvent un Nigérian à Yaoundé

BAGARRE

Des militaires enlèvent un Nigérian à Yaoundé

Pour une affaire de téléphone portable

Le quartier Essos à Yaoundé a connu des heures chaudes, lundi 7 avril 2008. Plus précisément entre le marché et le lieu-dit “ Apollo bar ”. Au finish, une personne enlevée pour une destination inconnue, des victimes portant des ecchymoses, et des commerces fermés. Ce, à cause d’un téléphone portable qui aurait disparu. L’affaire est sur toutes les lèvres dans les parages. “ Les militaires frappaient tout le monde ici. Les passants, les taximen et tous ceux qui demandaient ce qui se passe ”, se souvient Ndengue Christine. Les bidasses ont commencé par le responsable du salon de coiffure “ Koko Magic ”. “ Il voulait donner un coup de tête à mon patron. Mais il l’a raté et a plutôt frappé le mur avec son front et il s’est blessé ”, relate une coiffeuse.
Le militaire et son collègue appellent ensuite du renfort. C’est alors que débarquent cinq ou six autres, selon les témoignages. “ Ils avaient une petite voiture blanche et un car ”, racontent quelques témoins. “ J’ai été brutalisé parce que je faisais mon travail. J’informais les confrères de Canal 2 et Radio Siantou par téléphone ”, signale Christine. Alors qu’elle téléphone, deux des militaires s’en rendent compte et lui foncent dessus. Elle prend d’abord une torgnole au visage et manque de se renverser. “ C’est la maman-ci qui a bloqué le deuxième qui voulait me frapper ”, poursuit Christine, désignant une femme. Le mécanicien d’à côté n’a pas eu la même chance. Léo, comme on l’appelle ici, dit avoir été roué de coups.
Ses vêtements portent des tâches de boue. Il a une égratignure sanguinolente sous l’œil gauche. L’intérieure de sa lèvre inférieure est écorchée. C’est à cet endroit qu’il a pris le premier coup. “ Je suis venu leur expliquer que je suis le responsable de la maison. Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas affaire à moi (…). Puis l’un a dit qu’il allait me battre si je continuais à parler. Et il m’a donné un coup de poing ici ”, se souvient Léo, montrant sa bouche malmenée. “ Je ne peux pas laisser ça, je m’en vais porter plainte ”, tempête-t-il. Quant à Koko, le propriétaire du salon, l’incertitude règne. “ Ils l’ont tabassé et ils l’ont emmené dans leur voiture. On ne sait pas où il est, et son téléphone ne passe pas ”, se plaint son employée.
D’après elle, tout serait parti d’une affaire de téléphone portable disparu dans le salon de coiffure. Une fille vivant dans les alentours déclare y avoir perdu son téléphone cellulaire le soir du 7 mars 2008. “ La fille qui a provoqué tout ça habite là à côté. Elle vient souvent ici perdre le temps. On est déjà comme la famille, puisqu’elle se coiffe ici gratuitement et elle nous aide souvent quand il y a beaucoup de clients ”, explique une employée du salon de coiffure en question. “ Le 7 mars, elle est venue se coiffer. Comme il y avait beaucoup de monde, on lui a demandé d’attendre, et de nous aider. Après, elle est revenue le lendemain nous dire que son téléphone a disparu ici ”, poursuit la coiffeuse.
Elle aurait ensuite accusé les personnels du salon, et revendiqué son bien. “ Elle harcelait Koko tout le temps à cause de ce téléphone ”, se rappelle Léo. Las d’attendre, elle aurait fini par solliciter son copain militaire pour une expédition punitive. Une thèse qui ne fait pas l’unanimité. “ Nous ne voulons pas être mêlés à cette affaire. Allez là-bas où on vous a raconté des mensonges. Ils ont volé le téléphone de Toutou. Un Samsung avec camera et ordinateur ”, lance une fille énervée. “ En tout cas, elle n’habite pas ici. Voilà sa maison et elle n’est pas là ”, tranche une autre, indiquant une autre baraque située non loin. Affaire à suivre…

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 08-04-2008