Fru Ndi annonce des plaintes contre des ministres et élites du Mfoundi

Face à la presse…

Les plaintes de John Fru Ndi contre ses accusateurs

Fru Ndi entend poursuivre Marafa et les élites du Mfoundi en justice pour, entre autres, incitation à la haine tribale et au génocide. Le chairman l’a révélé hier au cours de sa conférence de presse à Yaoundé.

Les émeutes ayant secoué certaines villes du Cameroun entre le 25 et le 29 février 2008 auraient fait officiellement quarante morts. Le Sdf n’y croit pas. Selon le chairman du parti, Fru Ndi, “ plus de 100 Camerounais ” y auraient perdu la vie. Il relève à ce propos que Marafa Hamidou Yaya, ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), n’a pas fait part des six morts de Kumba. Le chairman demande une minute de silence pour ces “ Camerounais lâchement assassinés tout simplement parce qu’ils ont voulu exprimer leur aspiration à une vie meilleure, à la justice et l’égalité de chance pour tous dans ce pays ”. De même qu’il demande au chef de l’Etat de leur organiser “ une journée nationale de souvenir ”. Toujours à Paul Biya, Fru Ndi a adressé une demande d’audience. “ C’est vrai. Je lui ai écrit ”, affirme-t-il en brandissant une copie de la lettre déposée à la présidence de la République.
“ C’est une affaire d’Etat ”, explique le chairman qui pense qu’il est nécessaire de “ raconter la version du peuple ” à Paul Biya. Une version relatée par le chairman durant l’échange avec la presse. Surtout que durant cette période de crise, “ certains ministres de M. Biya se sont illustrés par un certain nombre de déclarations autant contradictoires qu’outrageantes à l’endroit du Sdf et de moi-même ”, s’insurge Fru Ndi. “ C’est d’abord le ministre délégué à la présidence chargée des Relations avec les Assemblées, en même temps Sga du Rdpc, qui m’a prêté des déclarations sorties tout droit de son imagination et qui tendent à insinuer que je supporte la violence, les destructions et les tueries ”, détaille le chairman. Des propos contredits par le ministre de la Communication “ qui affirme que les révoltes populaires qui ont eu lieu à Douala dans la nuit du 23 février 2008 (…) n’avaient aucun lien avec le meeting du Sdf prévu et annulé le même jour ”.

“ Marafa muet et invisible ”
Contradictions aussi entre Atanga Nji, ministre chargé de mission à la présidence, qui “ claironnait [sur les ondes de Bbc Afrique, ndlr], qu’il n’y avait eu que 900 personnes dans les rues ”, et le ministre de la Justice annonçant “ que 1671 manifestants avaient été arrêtés et envoyés devant les tribunaux ”. De tous, le président du Sdf est surtout remonté contre Marafa Hamidou Yaya. Le 10 mars dernier, ce dernier a désigné Fru Ndi comme étant l’instigateur des récentes émeutes. Précisant que le chairman a été aperçu en compagnie d’un évadé de prison. “ A aucun moment il n’a été question d’insurrection politique telle que insinué par M. Marafa ”, se défend Fru Ndi. De plus, “ nous sommes particulièrement scandalisés par le fait que ce n’est que le 10 mars 2008 que le gouvernement a rendu publique l’évasion d’un dangereux assassin alors que celle-ci a eu lieu depuis le 25 décembre 2007 ”, poursuit le président du Sdf.
Quid des deux Italiens kidnappés, toujours selon le Minatd ? “ Je l’ai appris de Marafa ”, répond le conférencier qui s’étonne que “ M. Marafa qui averti comme il le dit lui-même de tous les risques de violence et de destructions qui pesaient sur le pays a préféré se réfugier dans sa province (…) Pendant tout le temps où le pays était à feu et à sang, il est resté muet et invisible ”. Au regard de ce “ mic mac ” qui “ semble n’exister que dans l’imagination de M. Marafa ”, Fru Ndi annonce qu’il a instruit ses “ avocats de saisir les tribunaux contre Marafa ”. Idem pour les signataires de la dernière déclaration des élites du Mfoundi. Le Sdf compte les poursuivre pour “ incitation à la haine tribale et au génocide ”.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 18-03-2008

2 thoughts on “Fru Ndi annonce des plaintes contre des ministres et élites du Mfoundi

  1. Théo

    Edouard, n’oublie pas que je t’ai afriktaggué.

    J’en suis conscient“, comme disais l’autre. J’étais absent pour des raisons évidemment indépendantes de ma volonté. Et depuis mon retour, je recule pour mieux sauter. Que dis-je? Je prépare pour mieux afritagguer (?) @ +

Leave a Reply