Cameroun-Nigeria: La frontière maritime à sa carte

CAMEROUN-NIGERIA

La frontière maritime a sa carte

La commission mixte des Nations unies pour la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice rendu le 10 octobre 2002 boucle sa 21e session aujourd’hui, 14 mars 2008 à Yaoundé.

Les frontières terrestres et maritimes séparant la Nigeria du Cameroun ne sont pas entièrement matérialisées. Raison pour laquelle la Commission mixte mise sur pied pour faire appliquer l’arrêt de la Cour internationale de justice (Cij) du 10 octobre 2002, continue de travailler. La 21e session qui s’est ouverte hier à Yaoundé pourrait rentrer dans l’histoire. Car selon le nouveau président de cette commission, le général Lamine Cisse, “ au cours de la présente session, le Cameroun et le Nigeria signeront, sans doute, un instrument juridique marquant une nouvelle étape dans l’exécution du jugement de la Cour (…) à savoir, la carte maritime sur laquelle ont été transposés les calculs relatifs à la ligne loxodromique [trajectoire suivie par un navire lorsqu’il coupe les méridiens sous un même angle, dixit Le petit Robert 2006] vers l’océan ”.
Une carte qui fait suite à la délimitation maritime approuvée par les deux pays lors de la session extraordinaire de la Commission le 11 mai 2007. Les avancées de la commission concernent aussi près de 1690 Km de frontière terrestre entre le Cameroun et le Nigeria. A ce propos, “ je suis heureux de vous annoncer qu’à ce jour, l’équipe technique mixte s’est définitivement entendue sur plus de 830 Km de frontière à démarquer ”, poursuit le général sénégalais. A l’en croire, le marquage de cette frontière terrestre pourrait connaître une accélération. Car, “ un réseau de points géodésiques vient d’être établi de part et d’autre de la frontière sur toute sa longueur ”, révèle-t-il. Le discours du président de la Commission mixte a aussi laissé entendre que le Cameroun et le Nigeria “ se sont entendus sur le principe de la construction d’un poste frontalier de contrôle unique, sur le corridor Bamenda (Cameroun) – Enugu (Nigeria) ”, sur financement de la Banque africaine de développement.
Le chef de la délégation nigériane, Prince Bola Ajibola, se félicite de ce que les travaux commencés il y cinq ans, sont en bonne voie. La preuve : les multiples transferts de souveraineté opérés depuis 2003, “ le retrait de l’armée nigériane de la péninsule de Bakassi en 2006 ”, les contributions financières des deux pays pour le marquage de la frontière… Et, “ je voudrais réitérer à tous que le Nigeria met tout ce qui est à sa disposition pour assurer un bon déroulement du retrait de Bakassi en août 2008 ”, conformément à l’accord de Grentree signé en 2006. Mais la commission n’a pas les dernières nouvelles officielles du terrain, depuis la 20è session de novembre 2007 à Abuja.
Il avait été convenu de dépêcher une mission d’observation dans la péninsule, du 3 au 7 mars 2008. L’objectif n’a pu être atteint, à cause d’impératifs indépendants de la volonté des uns et des autres ”, regrette Lamine Cisse. N’empêche que “ l’occasion nous sera donnée d’évaluer les activités menées pendant cet intervalle inhabituellement long ”, assure le ministre délégué à la Justice, en lieu et place du Garde des sceaux, “ empêché ”. Selon lui, “ aucun incident n’a été signalé depuis la dernière mission des observateurs en octobre 2007 ”. Et les 21 militaires camerounais tués le 12 novembre dernier? Il s’agit de “ tristes événements ” que “ nos deux gouvernements ont su gérer dans la sérénité et la coopération ”, indique le ministre. La Commission mixte boucle sa 21e session ce jour, 14 mars 2008.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-03-2008

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