Daily Archives: 9 March 2008

Revalorisation des salaires de la fonction publique au Cameroun

Les choses qui arrivent aux autres commencent déjà à m’arriver“, disait Prince Afo Akom, chanteur camerounais. Je ne me sentais pas concerné jusqu’à ce que… Hé oui Malaïka, ton expérience ne m’a pas servi d’exemple. Figurez-vous que l’article ci-dessous, en ligne depuis dimanche dernier, contient une grossière erreur. De calcul.

La revalorisation des salaires du secteur public au Cameroun n’est pas de 23% comme l’indiquait le titre. Ce que j’ai plutôt affirmé, en me melant les pédales. Pourtant  je sais que je ne sais pas nager. Il s’agit de 15% en plus sur l’ancien salaire de base. Et ensuite, 8% en plus sur le nouveau salaire de base. Interpellé sur une coquille dernièrement, j’ai du répondre que “même le serpent se renverse“. Cette fois, j’en perd mon latin (je veux dire le peu que je crois connaître du français).

Chers lectrices et lecteurs,mille excuses. Au besoin j’écrirais ça je remplirais un cahier double ligne de 32 pages avec ce mea culpa et ces excuses sincères. J’ai apporté les retouches nécessaires, faute de sucrer le billet.

FONCTION PUBLIQUE

Des salaires revalorisés à la fonction publique

Des décrets du président camerouais Paul BIYA annonce une revalorisation du salaire de base et des indemnités de non logement pour les personnels civils et militaires dès le 1er avril 2008.

Le secret était dehors. Mais il fallait un acte officiel. Chose faite depuis le 7 mars 2008. « La rémunération mensuelle de base des personnels civils et militaires est à compter du 1er avril 2008, revalorisée de 15% », indique l’article 1er du décret 2008/099 signé du président de la République, Paul Biya. Le décret 2008/100, toujours du chef de l’Etat annonce que « le taux de l’indemnité de non logement servie aux personnels civils et militaires est à compter du 1er avril 2008 revalorisée à 20% de la rémunération mensuelle de base ».

Les bénéficiaires de cette mesure sont « les fonctionnaires, les contractuels d’administrations, les agents de l’Etat, les décisionnaires et les hommes en tenue », précise le communiqué issu du conseil de ministre ayant précédé les actes du chef de l’Etat. Des actes qui tombent comme une bouffée d’oxygène. Au moins pour les fonctionnaires relevant des catégories à A à D, les contractuels indiciaires, les contractuels catégoriels et les agents décisionnaires. Contrairement aux hommes en tenue et aux magistrats, ces derniers ont vu leurs salaires de base réduits par deux fois. Ce en 1992 et en 1993. Exception faite des agents décisionnaires dont les salaires n’avaient été réduit qu’une fois. « A cette époque, la réduction était arbitraire », se souvient un fonctionnaire du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi).

Selon lui, les deux baisses de salaire cumulées dépassent l’ordre de 50%. La Centrale syndicale du secteur public du Cameroun évalue cette réduction à 75%. Tout compte fait, l’agent de l’Etat percevant un salaire de base de 100 000 Fcfa à l’époque, aura 38 000 Fcfa en plus dès fin avril. Car il faut y ajouter les indemnités de non logement qui augmente de 8%. Notre fonctionnaire du Minresi signale que cette indemnité est passée de 20 à 8% en 1993. Puis de 8 à 12% en 1997. « Les salaires avaient été légèrement revalorisés, mais il n’y avait pas eu d’annonce. C’est à la banque que chacun constatait que son salaire a un peu augmenté », se souvient-il. Tout en préférant que ces mesures soient relativisées. « Ca ne représente rien, dit-il, surtout pour ceux qui ont des petits salaires ». A l’exemple d’un agent décisionnaire dont le salaire de base est de 40 000 Fcfa. Il aura 15200 Fcfa de plus !

Edouard TAMBA

Promesse de recrutements et baisse de prix au Cameroun

PERSPECTIVES

Recrutements et baisses des prix à l’horizon

Les décrets et ordonnances signés du président de la République Paul Biya le 7 mars 2008, relèvent du concret. Mais le communiqué de presse issu du conseil ministériel de vendredi dernier annonce d’autres mesures à venir. Ce notamment dans le domaine des prix des biens et services, et dans le domaine de l’emploi. En plus des ordonnances annonçant des diminution ou suspension de droits de douanes, ou encore la défiscalisation et l’importation de certains produits, Paul Biya a prescrit d’ « autres mesures ». A l’instar de « la prise par le Gouvernement des mesures appropriées pour accroître l’approvisionnement du marché local en denrée afin d’en améliorer la disponibilité ».

De même qu’ « à moyen terme », les tarifs des hydrocarbures et des services de téléphonie pourraient baisser. Car le chef de l’Etat a requis « l’examen de la possibilité d’une refonte totale de la structure des prix des produits pétroliers des tarifs de téléphones et du coup de la gestion des comptes bancaires dans le but d’en retirer des postes dont les coûts pourraient ne pas être supportés parle consommateur final ». Il a aussi demandé « l’accélération du traitement  des dossiers » relatifs à l’amélioration de l’offre en énergie, « ainsi que  des programmes spéciaux agricoles notamment dans les filières de la banane plantain, du riz et des racines et tubercules », précise le communiqué signé du secrétaire général de la présidence de la République.

Les perspectives sont tout aussi reluisantes quant à l’emploi. Ce avec « la finalisation de la procédure de recensement et la contractualisation des agents temporaires ». Ceux-ci seraient encirons 18 000 au service de l’Etat. On y évoque par ailleurs, « le lancement de la deuxième phase du programme de recrutement des instituteurs vacataires » et « le recrutement des personnels dans les secteurs d’encadrement administratif et de sécurité ». A cela s’ajoute « l’accélération des procédures ne vue de l’intégration et la prise en charge des diplômés des grandes écoles de formation », et le renforcement d’un certains nombre de programmes pour promouvoir l’« emploi des jeunes non diplômés ou en difficulté ».

La lutte contre la corruption, l’inertie, laxisme… n’est pas en reste. Quid de l’efficacité de toutes ces annonces ? Le président de la République estime que ce sont des mesures à court et à moyen terme visant à « apporter de premières réponses à l‘impatience qui se manifeste ». Qui vivra vera!

Edouard TAMBA

Journée internationale de la femme au Cameroun

YAOUNDE

Les femmes entre allégeance et débauche

Le défilé marquant les célébrations de la journée internationale de la femme s’est déroulé le 8 mars dernier à Yaoundé. Sous la présidence de la 1ere dame.

C’est désormais une tradition. La célébration de la Journée internationale de la femme (Jif) s’achève dans la débauche. La 23e édition célébrée samedi dernier à Yaoundé n’a pas fait l’exception. Dans la soirée du 8 mars 2008, discothèques, bar et autres lieux de plaisir ont vibré au rythme du sexe féminin. Dès 14h, filles et femmes avaient pris position dans les bars et snacks avoisinant le boulevard du 20 mai. Toutes habillées de tenues cousue avec le tissu dédié à la fête. « On est en haut. C’est notre jour aujourd’hui », lance une femme entre deux gorgées de bière, en bordure de l’avenue maréchal Foch. Le spectacle est similaire dans d’autres quartiers. Une cinquantaine de femme sont assises sur des casiers en face du Ces de Ngoa Ekele, presque sur la chaussée. Entre bières et le bavardage à tue-tête. Piétons et voitures se débrouillent.

Au lendemain des festivités, l’Hôpital central seul enregistre vingt-sept accidents de la circulation. Mais avant, les femmes ont fait allégeance à la première dame de la République. Cette dernière « a présidé » le défilé organisé à l’occasion. Direction de la sécurité présidentielle, garde présidentielle, protocole d’Etat, Hymne national devant les forces de sécurité…étaient là pour Chantal Biya. En plus de la fourchette des membres du gouvernement des deux sexes, et des quarante mille femmes (selon le ministère de la promotion de la femme et de la famille) ayant bravé la canicule pour marcher. Elle se sont succédé sur le boulevard du 20 mai pendant près de 3h d’horloge. Ce en onze wagons d’après les précisions du Comité d’organisation.

Ce Comité s’est voulu strict sur la tenue. Raison pour laquelle les fameux « kabas cellulaires », et autres tenues laissant apparaître le ventre ou le dos n’y ont pas été aperçu. Les défileuses se sont donc consacrées à rivaliser d’imagination pour marquer leur passage. A l’exemple des femmes de la société Le Bus conduisant un bus, et simulant une panne ensuite réparée par un mécano femme. Celles de la Société de développement du Cacao (Sodecao) exhibant des plants de cacao. Ou encore la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec) dont le carré était menée par une femme portant un canari, comme sur le logo de l’entreprise. Carré après carré, les messages allaient dans le sens su thème retenue cette année : « Investir dans la femme et la fille ». Mis à part exceptions comme « ensemble pour un panier de la ménagère plus fourni ».

Autre constante, les images de Paul et Chantal Biya. La plupart des ministères, entreprises publiques, parapubliques et privées, associations et autres organisations en avaient. Pour le bonheur de la première dame qui n’a eu cesse d’applaudir à tout rompre et même de crier. Surtout lorsque Zakougla, célèbre humoriste de la chaîne Canal 2 International, a effectué son passage. C’est une visite de la foire de la femme au même boulevard qui a clôturé ce défilé. Occasion aussi de voir une certaine… Sarah Etonge dans la suite de Chantal Biya.

Edouard TAMBA

Le Cameroun a son “people des ruraux”

PRESSE

Les campagnes d’Afrique en kiosque

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Dynamique Afrique centrale a présenté sa nouvelle publication le, 5 mars 2008 à Yaoundé.

« Eclat d’Afrique ». Nom de baptême du nouveau né des magazines au Cameroun. La publication au slogan « le meilleur de nos campagnes », s’affirme comme étant le magazine people du monde rural. Cinquante-deux (52) pages « toutes en couleurs ». Le produit qui sera mensuel, tient dans un format entre le magazine et le tabloïd. On y découvre une « paysanne extraordinaire », Agnès Koa. Une dame âgée de 41 ans, spécialisée dans l’élevage ovin à Nkom Ndamba, non loin de Yaoundé. Cette dernière « ne peux plus laisser l’élevage ». Car, « J’y gagne beaucoup. Je suis milliardaire à mon niveau », affirme-t-elle. La une et les quatre pages qui lui sont consacrées laissent voir Agnès en action et en parole.

People après people, on y découvre un « Top model Banana ». Solange Nana, couturière à Bafoussam « a fait du tronc de bananier la matière de base des vêtements qu’elle confectionne ». La preuve en photos. Charles Thé en a aussi. Côté cour, c’est chercheur et professeur de génétique en service à l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) et l’Université de Yaoundé. Il a, à son actif, 18 variétés de maïs inventées. Et cerise sur le gâteau, 20 millions de Fcfa reçus comme prix spécial du président de la République au Jersic 2007. Côté jardin, c’est un sexagénaire encore vieux garçon. « Mes potentielles épouses se sont toujours senties reléguées en troisième position de mes priorités après mon tabac et mes recherches », explique le « génie du maïs ».

A des centaines de kilomètres de là, Nicolas Mbarga a d’autres soucis : dompter les hippopotames de la Bénoué à Garoua. 18 ans de service, et tellement motivé qu’il compte « demeurer ici ». « Eclat d’Afrique » c’est aussi le carnet de route, la palabre, la chronique, des mets comme le Nkui qu’ « il faut goûter »… Et des sujets pas très « campagnes ». A l’exemple de cette page « High tech » faisant l’apologie du IPhone de chez Apple. Ou encore ces insolites racontant l’opération chirurgicale d’une fille née en Inde avec huit membres, la mort de trois candidats à la gendarmerie Guinéenne et « un faux vrai camerounais dans la police française ».

Le journal de Bernard Njonga, directeur de la publication (Dp), pêche aussi par des fautes relevant de la typographie à l’instar de cette tirade de Agnès Koa dont le début n’est pas marqué. De plus, les caractères de la citation en question ne sont pas italiques comme les autres. Et Charles Thé serait âgé de 6 ans ? La prépondérance du rédacteur en chef, François Bimogo, est notable. Plus de dix pages à lui seul. Pour un coup d’essai, le Dp pense qu’ils peuvent mieux faire. C’est « un projet qui voudrait présenter d’autres visages de l’Afrique », explique-t-il. Mais encore, « enhardir les paysans africains », et « faire tomber les clichés réducteurs et dévalorisants à travers les quels les médias occidentaux présentent l’Afrique », souhaite Bernard Njonga. N’empêche qu’il a de quoi parader. Car selon lui, « c’est la première fois qu’un magazine se consacre aux ruraux », au moins dans la sous région. Les lecteurs devront débourser 1000 Fcfa pour en obtenir un exemplaire.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 25-03-08