Yaoundé: L’armée impose la grève à Mendong

YAOUNDE

L’armée impose la grève à Mendong

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Les commerçants du marché de Mendong en sont encore interloqués. Ils sont réunis en petit groupes à travers le marché, et s’étonnent de la situation qui de leur est arriver. « On vient de voir le feu », lance un vendeur d’accessoires pour téléphones cellulaires. Une soixantaine de gendarmes à investit les lieux aux environs de 10h, ce 26 février 2008. Tous descendus de deux camions. Ceux-ci étaient suivis par une équipe de militaires occupant une Land-Rover de couleur verte. On pouvait y remarquer des grades de capitaine et commandant sur les épaulettes.

Ces bidasses ordonnent aux commerçants de fermer leurs boutiques. De même qu’à d’autres d’emporter leurs marchandises étalées à même le sol. « Fermez », s’entendent dire les vendeurs. L’injonction est suivie de lancés de bombes à gaz lacrymogène. « Monsieur on vous demande de fermer. Si vous ne voulez pas fermez, on va revenir et vous aidez à fermer », tempête un officier à l’endroit d’un tenancier de kiosque à journaux et livres. Les « hommes en tenues » s’orientent ensuite vers le lieu dit « Montée Maman bar ».

Les commerçants installés de part et d’autre de la route n’en croient pas leurs oreilles. « Vous ne grevez pas ? », lance un gendarme. « Il faut grever, on va vous aider à grever », poursuit-il. Ses propos sont suivis d’un tir de gaz lacrymogène. La bombe atterrit dans la parfumerie dénommée « Tresor cosmétique ». Un autre tir est adressé à ceux installés en face. La panique s’installe. Et tout le monde s’exécute. Salons de coiffures, ateliers de réparations de motos, restaurants… ferment sans demander leur reste. Leur mission accomplie, gendarmes et militaires mettent le cap sur « Tkc » au quartier Etoug-Ebe.

Le sous-préfet de Yaoundé VI, de passage dans la zone reçoit les plaintes des commerçants. Selon des témoignages, ce dernier s’est dit surpris par l’action des bidasses. Le chef de terre aurait dit aux vendeurs qu’il n’est pas au courant de cette instruction. Entre temps, le quartier est toujours assiégé par des équipes de policiers et gendarmes. Ceux-ci ont patrouillé dans la nuit de lundi à mardi, avant d’être relevé hier matin. Quant à la trentaine de personnes interpellées et gardée à la brigade de recherche de Efoulan lundi matin, près d’une quinzaine a été libérée. « C’était au cas par cas ; On m’a libéré hier autour de 19h20 », précise une source. Selon lui, les personnes qui semblaient avoir des difficultés sont les jeunes ne disposant pas de pièces d’identité.

Édouard TAMBA

Deux jour déjà que Le Messager en version papier n’est pas disponible. La faute à la situation qui prévaut dans la ville de Douala.

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