Scènes de guerre à Yaoundé

YAOUNDE

Scènes de guerre à Mendong

La grève des transporteurs été effective dans la capital politique du Cameroun. Certains quartiers ont connus des échauffourées entre des manifestants et des forces de l’ordre.

C’est un matin paisible à Mendong, ce lundi 25 février 2008. Dès 6h30, trottoirs et chaussées sont encombrés par quelques piétons et véhicules personnels. Pas l’ombre d’un taxi. Les moto-taximen font quelques va-et-vient. “ On ne travaille pas ”, répondent-ils à ceux qui les hèlent. Seul le bus est en service. Puis la tension monte d’un coup. Une “ armée ” de moto-taximen décide de barrer la route au lieu dit “ Entrée Simbock ”. Un bac à ordures et un poteau électrique sont mis à contribution. Les conducteurs de véhicules personnels sont priés de rebrousser chemin. Certains tentent de négocier le passage, et d’autres s’exécutent. Les éléments du commissariat du 9ème arrondissement descendent sur les lieux. Et le commissaire leur demande de manifester sans rien casser.
Son départ est suivi de l’arrivée d’un groupe de gendarmes de la légion du Centre, puis de policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°1. Boucliers, casques, protège-tibias, bombe à gaz lacrymogène et autres fusils sont de mise. Ils demandent aux protestataires de dégager la voie. Un autre groupe de gendarmes arrive. Menés par le commandant Essomba. Il s’entretient avec le commissaire en charge du Gmi n°1. Entre plusieurs coups de fils, et des instructions par radio. Subitement, les forces de l’ordre foncent dans la foule et interpellent quelques personnes. Coups de bottes, de matraques, de crosse et de poings y passent. C’est alors qu’un civil gare son véhicule et se défoule sur un autre manifestant interpellé. “ C’est toi qui m’a barré la route tout à l’heure non, tu es malade ”, lui lance-t-il.
Les frondeurs tentent d’organiser la résistance. Mais une centaine de gendarmes s’ajoute. Leur camion se remplit de civils interpellés au fur et à mesure. Le commandant de la légion du Centre évalue la situation depuis son véhicule 4×4. Les forces de l’ordre font la boucle du quartier et repartent aux environs de 11h. Une trentaine de personnes sont emmenées. Détenues à la brigade de recherche d’Efoulan, elles n’avaient pas encore été entendues jusqu’à hier soir. Des éléments veillent à tous les carrefours du coin. Mendong est “ pacifié ”, mais, vient probablement d’obtenir une place dans la liste des “ quartiers chauds ” de Yaoundé.
Edouard TAMBA

In Le Messager On line* du 26-02-08

* La situation de tension  qui prévaut dans la ville de Douala a privé le pays du quotidien Le Messager en version papier. C’est aussi le cas pour d’autres journaux tels que Mutations…

11 thoughts on “Scènes de guerre à Yaoundé

  1. Lenaelle

    J’ai eu une pensée pour toi, alors que je m’inquiétais pour mes proches à douala. J’espère que la situation ne va pas dégénérer…Bon courage et merci de nous donner des nouvelles. Du coup tu travailles de chez toi ou bien?

  2. edouardtamba

    Merci Lena. On se bat comme on peut, et ce n’est pas encore le Kenya.
    Je dois avouer que la situation est instable. Yaoundé a particulièrement chauffé aujourd’hui.
    Je me tape une trentaine de Km par jour entre la piaule et le bureau. La où il y a le net je blogue; la où il n’y a pas le net je ne blogue pas.

  3. edouardtamba

    Merci à vous chers lectrices et lecteurs.
    La tension a baissé d’un cran ici. Yaoundé respire à nouveau. Les images de télévision et les coups de téléphones font état de ce que ça commence à aller ailleurs.
    On a eu chaud…

  4. Luc

    salut !
    Je suis heureux de pouvoir lire ta confirmation ecrite faisant etat de
    l’apaisement de la situation.
    J’ai entendu dire que 2 eleves d’un etablissement scolaire situé pres d’un carrefour non loin de Mendong etaient decedés suite a l’envoi de lacrymogenes…? …un enseignant contestataire aurait ete interpellé egalement….? Est-ce de l’intox ?

    Bien a toi,
    Luc.

  5. Kiproko

    Merci Edouard pour ces informations. Par contre, comment on peut te contacter par mail ? Je ne trouve rien sur cette page.

  6. Malaika

    Merci Édouard pour les infos. Je suis rassurée de savoir que les choses s’apaisent et que tu vas bien. Pourvu que ça dure. Ma famille à Douala et Yaoundé dit que c’est plus calme. Ils ont osé sortir pour faire quelques courses. Au niveau de la destruction des infrastructures ça doit être terrible. Les hôpitaux et établissements scolaires ont ils été épargnés ?
    Une question Edouard ce mouvement social a t-il atteint notablement les universités ?
    Amitiés et fais attention à toi

  7. edouardtamba

    Luc, il m’est difficile de t’apporter ces précisions. La crise est allée dans tous les sens, et forcément l’intox prend le dessus. Je ne suis au courant que de cet élève du collège Ebanda molesté à mort par des gendarmes. Il était effectivement en uniforme, et les bidasse l’ont surpris entrain de prendre des photos à l’aide de son téléphone cellulaire. Pour le reste, j’ai été témoin d’élèves évacués vers des hôpitaux après inhalation de gaz lacrymogène.

    Malaïka, les zones estudiantines ont été en ébullition. Le recteur de Ydé I a annulé les examens. Quelques personnes de la cité U ont été tabassés par les forces de l’ordre. Du côté de Ydé II (Soa), mes examens se sont poursuivis. Mais plusieurs la fois la route y a été barrée et des bus attaqués.
    Les hôpitaux peuvent se plaindre de l’afflux de blessés. Quelques établissements ont été arrosés de gaz…

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