Anong Adibime menace ses collaborateurs

GOUVERNANCE

Anong Adibime menace ses collaborateurs

La 2e conférence annuelle des responsables des services du ministère des Domaines et des affaires foncières (Mindaf) s’est tenue le 18 janvier 2008 à Yaoundé.

Tout ne va pas pour le mieux aux Domaines et affaires foncières au Cameroun. Titres fonciers litigieux, domaines publics cédés à des particuliers, logements administratifs occupés par des personnes n’y ayant pas droit, ou sous-loués… Pascal Anong Adibime, chef de ce département ministériel depuis le 7 septembre 2007 s’en dit conscient et veut donner un coup de pied dans la fourmilière. La conférence de vendredi 18 janvier dernier lui a permis de mettre ses collaborateurs des services centraux et déconcentrés en garde. Une occasion, selon le ministre, “ d’assainir nos comportement pour mieux asseoir les réformes… ”. Ce dernier reconnaît que, quelque fois, les erreurs commises sont dues à l’imperfection de l’homme.


Mais, “ quand on remplit un livre foncier en sautant des pages pour y insérer plus tard des titres douteux… quand on déchire des pages entières dans le livre foncier pour aider un ami Camerounais en difficulté contre un autre Camerounais en son plein droit ; quand dans une recette, on délivre une centaine de quittances pour des opérations différentes, mais portant toutes le même numéro de série ; quand on brise nuitamment des scellés posés par l’autorité administrative pour soustraire furtivement des pièces à conviction ; quand on délivre des titres fonciers sans descendre sur le terrain ; quand on négocie avec des occupants irréguliers des maisons de l’Etat pour percevoir par derrière, un loyer à titre individuel… Lorsqu’on tourne le dos à la norme pour institutionnaliser l’illégal… vous conviendrez avec moi que l’erreur n’est plus humaine ”, déplore le Mindaf.


Selon lui, ce sont là des fautes ayant un caractère criminel. “ C’est un crime contre l’Etat, contre l’administration qui a accepté notre demande d’emploi… ”, reconnait Pascal Anong Adibime. Mais encore, “ c’est un crime contre nous-mêmes ”, pas si éloigné d’un “ crime contre l’humanité ”, estime-t-il. Surtout que, “ pour parler comme chez nous, dit le ministre, les affaires de terrains ne finissent jamais ”. Les conflits générés par ces “ erreurs ” perdureront, “ hypothéquant de manière grave la paix entre les Camerounais qui ne demandaient qu’à jouir du patrimoine familial ou acquis ”. Pour que cesse toutes ces récriminations contre les fonctionnaires du Mindaf, le ministre souhaite un retour à l’orthodoxie. Cette orthodoxie passe, selon lui, par le respect strict des textes, l’assainissement de l’environnement et des comportements…


Des mesures qu’il semble avoir prise depuis le 26 novembre dernier. L’on se souvient qu’à cette date, le Mindaf avait lancé une “ opération de déguerpissement forcés des occupants illégaux des logements administratifs ”. Ensuite les locaux des services de ce ministère, dont le Cadastre, avaient été scellés le 10 décembre dernier dans quelques villes. Entraînant le limogeage du délégué provincial du centre et de quelques autres responsables. Ces derniers attendent encore de savoir à quelle sauce ils seront mangés. Tandis que d’autres anciens commis de l’Etat continuent d’occuper abusivement des logements administratifs. Leur déguerpissement était sensé reprendre le 16 janvier dernier. Le dénouement finira bien par dire si les discours de Pascal Anong Adibime vont au-delà des promesses politiciennes.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-01-2008

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