Monthly Archives: December 2007

Bonne année 2008!!!

Les voeux de TAMBA à toutes et à tous

carte de voeux

La famille du défunt chef Batcham dénonce un crime

Emmanuel DJIATIO

Choqué, le frère aîné du défunt chef s’exprime sur les circonstances du décès qu’il considère comme étant un crime.

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« Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens »

Dans quelles circonstance est survenue le décès de votre frère cadet, le chef supérieur Batcham ?

J’aimerais d’abord dire que c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris hier à 13h que mon frère n’est plus. Tout de suite je me suis lancé à la recherche et à la clarification de l’information. Toutes les sources d’informations recoupées, indiquaient que mon frère serait sorti la veille [17-12-07, ndlr] pour fêter la naissance d’un garçon chez l’une de ses épouses. Il est retourné tard dans la nuit, fatigué et est allé chez une de ses épouses se reposer. Laquelle a bien voulu le matin lui offrir le petit déjeuner et a remarqué qu’il était profondément endormi. C’était un jour de tribunal coutumier. Les responsables de ce tribunal ayant terminé l’audience, avaient besoin de son avis pour les conclusions des affaires qui étaient à l’ordre du jour. A ce moment, son secrétaire a exigé que son épouse le réveille, avec beaucoup d’insistance. Car plusieurs personnes souhaitaient le rencontrer pour des choses urgentes. Entre 11h et 12, ils se sont rendus compte qu’il était mort depuis longtemps.

Est-ce à dire qu’il n’y a encore aucune précision sur les causes de ce décès ?

Après l’annonce de son décès, les autorités administratives des Bamboutos et celles de la province de l’Ouest, notamment le préfet des Bamboutos, le médecin de l’hôpital provincial de Bafoussam, celui de Mbouda et celui de Batcham se sont aussitôt mobilisé avec l’arsenal de sécurité pour aller s’enquérir de la situation de cette mort brusque. Il faut rappeler que mon frère meurt comme ça à 36 ans, après six ans de règne seulement. Ils se sont rendus à Batcham, et ont exigé que l’autopsie soit faite. Ce qui a été fait, et nous attendons que le corps médical rende publique les causes de cette mort. Une enquête traditionnelle a été ouverte. C’est-à-dire que les notables et un certain nombre de personnalités traditionnelles sont sur une piste. Parallèlement une enquête judicaire est en cours. Actuellement, toutes ses épouses et ses proches sont entrain d’être entendus. Nous attendons que toutes les conclusions soient formulées pour que nous ayons toute la lumière sur cette mort soupçonneuse et brusque. Une mort pour laquelle nous pensons qu’un grand vide va rester à Batcham. Au regard des chantiers amorcés.

Avez-vous une idée de l’atmosphère qui a prévalu à la chefferie pendant le règne de votre frère surtout qu’il est arrivé au trône dans la contestation ?

Comme toutes succession, il y a eu quelques tribulations qui ont été rapidement calmées. Mais j’avoue que mon frère avait un règne de nouvelle vision. Jeune de son état, intellectuel et extrêmement dynamique. Il était prêt à mettre un certain nombre de chose en ordre. Dans un pays où la transparence est rare. Je ne vais pas mettre son décès au compte de cela. Mais il n’est pas exclu que avec toute l’énergie qu’il déployait pour refaire l’autorité traditionnelle et le fonctionnement du village, il pourrait avoir des gens tapis dans l’ombre qui lui en voulait. Il est quand même à noter que quelqu’un qui meurt à cet âge là, sans être malade… Il revenait de Bertoua où il était aller assister à l’installation du gouverneur Lele Lafrique. On s’est même vu à Yaoundé quand il rentrait. Je suis extrêmement choqué par une situation comme celle là. Les enquêtes vont se poursuivre, et je puis vous assurer que la famille insiste pour que toute la lumière soit faite sur ce scandale. Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens.

Réalisé par

Edouard TAMBA

Les bacs à ordures sont incontournables à Yaoundé

Emmanuel NGNIKAM

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“ Yaoundé sans bac à ordures n’est pas envisageable”

Docteur en sciences et techniques de déchets, et co-auteur avec Dr Emile Tanawa, de l’ouvrage “ Les villes d’Afrique face à leurs déchets ”, il explique pourquoi Yaoundé ne peut se passer des bacs à ordures et préconise des méthodes alternatives.

Peut-on envisager une ville comme Yaoundé sans bacs à ordures dans la rue ?
Yaoundé sans bac à ordures pour l’instant, et pour un horizon lointain n’est pas envisageable. Ce pour deux raisons principales. La ville de Yaoundé n’a pas de route. On est à moins de 15 Km par hectare (Ha) urbanisé. En urbanisme, le ratio optimal c’est autour de 40 Km de route /Ha urbanisé. Avec ce déficit criard de voirie, il y a des zones qui ne sont pas accessibles par camion.La seule possibilité pour ces personnes-là de pouvoir être desservies, c’est qu’elles puissent verser leurs ordures dans un bac placé à un endroit accessible par camion.
L’autre raison tient du fait que les quartiers de Yaoundé ne sont pas construits de la même façon. Il y a les quartiers dits à habitats spontanés, où les habitants sont à plus de 400 voir 500m des routes carrossables. Le porte-à-porte n’y est pas envisageable. Pour celui qui a la volonté d’enlever ses déchets, s’il entend même le klaxon du camion, il n’arrivera pas en route à temps. Il faut aussi relever que tous les ménages n’ont pas quelqu’un à la maison en permanence. Les parents travaillent et les enfants vont à l’école. Les périodes de production d’ordures chez ceux-là ne correspondent pas toujours à la fréquence de passage des camions. Donc le bac à ordures leur permet de faire sortir leurs ordures, avant le passage du camion.
Pour ces principales raisons, on ne peut pas envisager, même à moyen terme, de faire une collecte des déchets sans bac. Le porte-à-porte n’est envisageable que pour certains quartiers. A condition que les ménages soient accessibles, et qu’il y ait un accompagnement social en terme de communication et de sensibilisation.

La collecte d’ordures par la méthode du porte-à-porte semble pourtant réussir en Occident et dans quelques villes d’Afrique…
En Afrique subsaharienne, je ne connais pas de ville qui ne fasse que le porte à porte. Parce que la description que j’ai faite de Yaoundé est valable pour ces villes. Dans les villes européennes où le porte à porte est privilégié, ils ont réuni deux atouts assez forts. Chaque ménage y a une adresse ce qui suppose qu’ils sont accessibles par véhicule. Les communes y ont pu convaincre les habitants, de sorte que chaque habitation a une poubelle normalisée ; munie d’un couvercle. Une telle poubelle permet de stocker les ordures à la maison sur une période relativement longue, et sans trop de risques. Ce qui est loin d’être le cas chez nous. Ici vous ne pouvez pas stocker les déchets pendant plus de deux jours sans être gêné par les odeurs. C’est pour ces raisons que le porte à porte marche en Occident. Jusque-là, ils combinent avec les bacs. Tous les lieux qui peuvent rassembler des personnes ont des bacs. C’est aussi le cas à l’entrée des immeubles collectifs.

Quelle est, à votre avis, la solution pour une bonne maîtrise des déchets ?
La meilleure façon de maîtriser nos déchets, c’est d’abord de pouvoir les collecter convenablement. Si on peut sortir toutes les ordures produites, et les stocker à un endroit bien maîtrisé à l’abri des impacts sur l’environnement. Le reste en termes de valorisation et de traitement vient après. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas encourager les initiatives. En le faisant, il faut être conscient que ces initiatives ne peuvent traiter qu’une partie des déchets que nous produisons. Sachons d’abord bien les collecter, et bien les mettre en décharge. Déjà dans notre contexte, malheureusement, on n’a pas de décharge. En dehors de Yaoundé qui peut se prévaloir d’une décharge acceptable, aucune ville du Cameroun n’en a une. Même pas Douala.

Que faut-il justement faire, pour optimiser cette collecte des ordures ?
Si on veut arriver à sortir l’essentiel de nos déchets, il faut qu’en plus du travail fait par Hysacam, qui est louable et indispensable, on allie des opérateurs qui n’ont pas les mêmes moyens d’intervention, et qui puissent aller chercher les déchets dans les quartiers avec des moyens beaucoup moins performants que les camions. Notamment les pousse-pousse et le transport manuel. Il y a déjà quelques initiatives du genre sur le terrain. Je pense qu’elles méritent d’être soutenues par les pouvoirs publics.

Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-11-2007

Issa Hamza conserve son titre à Yaoundé

BOXE – CHAMPIONNAT MONDIAL

L’enfant prodige s’impose à Yaoundé

Issa Hamza et sa ceinture de champion du monde

Issa Hamza a conservé la ceinture mondiale vendredi dernier à Yaoundé, face à son challenger Uruguayen.

Il l’a fait. Sur sa terre natale. Devant ses compatriotes. Sa famille. Ses amis et connaissances. Le Camerounais Issa Hamza a conservé son titre de champion du monde des poids welters de la World boxing foundation (Wbf). Vendredi dernier, 14 décembre 2007, l’émotion est à son comble au stade omnisports Ahmadou Ahidjo. Issa Hamza, encore en sueur, est à genou sur le ring. Le drapeau du Cameroun sur les épaules. Les yeux en larmes. Des larmes de joie. Le jury vient de le déclarer vainqueur. Ce, à l’issue du combat qui vient de l’opposer à l’Uruguayen Ruben Francisco Silva Diaz.
Douze rounds au cours desquels les deux adversaires ne se sont pas fait de cadeaux. Jusqu’à ce que le jury soit obligé de les départager aux points. 118-109 pour les deux premiers juges. 118-110 pour le troisième. Dans les tribunes, la foule est en liesse. “ Le combat était complet. Tant sur le plan tactique, technique, physique que de l’endurance. Il n’y a rien à redire. Issa Hamza, on le connaissait déjà. Son adversaire venait pour arracher cette ceinture. La preuve, c’est qu’il a encaissé des coups, il les a rendus jusqu’à la fin du match ”, commente l’entraîneur national adjoint de boxe, Martin Ndongo Ebanga.

“ J’aime le Cameroun ”
“ Issa Hamza ”, “ Issa Hamza ”, clame le public à l’endroit de l’enfant prodige. Parti du Cameroun depuis cinq ans. Un pays qu’il n’a pas oublié. “ Je remercie beaucoup le cameroun. J’aime le Cameroun, vive le Cameroun ”, lance-t-il. Sans omettre de remercier les différentes personnes physiques et morales grâce à qui le combat s’est tenu à Yaoundé. “ C’est un bon boxeur ”, dit-il à propos de son adversaire. S’exprimant en espagnol, ce dernier reconnaît sa défaite. Le secret de Issa : sa fiancée. Cette dernière, selon lui, a le don de lui mijoter des plats comme il faut. Loin des fast-food et des boîtes de conserve. “ J’étais un peu crispée, un peu tendue, mais j’avais confiance ”, confie-t-elle à l’issue du combat. Mais avant de la croiser sur son chemin, Issa avait commencé à s’illustrer.
Notamment en conservant le titre de champion du Cameroun des poids welters entre 1997 et 2001. Ou en dominant la zone Afrique centrale dans la même catégorie en 1998, et en obtenant une bourse du Centre international de boxe de Tunis. C’est à la suite de sa participation à la Coupe du monde de boxe au Kazakhstan qu’il se retrouve au Nord-pas-de-Calais, en France. Sans papiers. La famille Jacob l’y accueille. Puis il intègre le club “ Athletic boxe de Calais ” en 2005. L’écurie de sa famille bienfaitrice.
C’est sous cette bannière qu’il remporte le titre mondial Wbf cette année. En battant le Philippin Don Don Sultan le 23 juin 2007 à Calais. Un exploit qu’il vient de rééditer. En passant de 22 à 23 combats professionnels, dont 14 victoires. Ce qui fait dire au ministre des Sports et de l’Education physique que Issa Hamza a “ donné raison à ceux-là qui l’encadrent depuis Calais en France ”. Et de demander au champion “ de continuer à travailler pour conserver son titre plus longtemps ”, et aux “ jeunes qui ont vu Hamza boxer [de] se préparer à assurer la réserve ”.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 17-12-2007

Les cartes géographiques du Cameroun sont périmées

GEOGRAPHIE – CARTOGRAPHIE

Les cartes géographiques du Cameroun hors d’usage

L’Institut national de Cartographie (Inc) a tenu la 14e session de son Conseil d’administration, le 30 mai dernier à Yaoundé.

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Carte géographique du Cameroun


La situation de la cartographie au Cameroun n’est pas reluisante. “ Les Français nous ont laissé ici une carte qu’on appelle Carte d’Etat-major, ou carte de base à l’échelle 1/200 000e. Les dernières coupures datent au plus tôt de 1970. On est en 2007, c`est-à-dire près de quarante ans après. Cette carte est totalement dépassée. ” Révélation du directeur général de l’Institut national de cartographie (Inc), Moby Etia Paul, au lendemain de la 14e session du Conseil d’administration de l’Inc.

Pour le patron de l’Inc, les cartes géographiques doivent être renouvelées tous les cinq ans. A cause des phénomènes naturels comme la variation du nord magnétique. Le Dg de l’Inc prévient : “ si cette carte n’existe pas, les militaires ne pourront pas défendre le pays ”. Dans cette optique, l’organisme qu’il dirige a produit l’année dernière une nouvelle carte de la zone d’entraînement des militaires du Centre d’instruction des forces armées nationales (Cifan) à Djoum, dans la province du Sud du Cameroun. Cette carte et bien d’autres font partie des réalisations de l’exercice écoulé.

Mais, “ l’actualisation de la carte administrative du Cameroun, c’est le plus grand projet, et la raison d’être de l’Inc ”, confie Moby Etia. Cette carte est attendue depuis que la commission mixte Cameroun/Nigeria en charge de l’application de l’arrêt de la Haye pour la délimitation des frontières maritimes et terrestres a définitivement rendu sa copie. “ On n’a pas attendu que la Commission ait terminé sur le papier. On a signé, le 8 avril 2005, une convention de partenariat avec une entreprise espagnole pour la production cartographique ”, annonce Moby Etia en brandissant le document.

L’entreprise en question, Geoplanning, va assister le Cameroun techniquement et matériellement pour la production des cartes d’échelles allant de 1/1 000 000e à 1/25 000e. Cette dernière échelle est la plus usitée et le Cameroun n’en a jamais eue. La disponibilité de cette carte pourrait prendre du temps à cause des aléas d’ordre technique et financier. “ Pour mettre les bornes sur la frontière terrestre, il faudra au moins trois à quatre ans, c’est un travail d’hercule ”, affirme le Dg de l’Inc. Il se refuse d’aborder la somme nécessaire à la réalisation de cet outil ; mais, à l’en croire, le Cameroun ne dispose pas de l’argent nécessaire pour ce travail.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 04-06-07