L’épée de Damoclès sur New Tv et Liberté Fm

AUDIOVISUEL

L’épée de Damoclès sur New Tv et Liberté Fm

Deux nouvelles chaînes émettraient à Yaoundé sans autorisation, selon le délégué provincial de la Communication pour le Centre.

1- Sérénité à New Tv
Un immeuble de six étages est en construction non loin du lieu dit “ Carrefour Ceper ”, à Yaoundé. L’activité récente des maçons et autres techniciens est visible aux alentours. Creux et mottes de terres çà et là. Ainsi que des restes de matériaux de construction. Un pylône trône au-dessus de cet immeuble. Signe qu’il y a peut-être une activité. Effectivement, puisque qu’au deuxième étage de ce bâtiment non crépi, les fenêtres sont vitrées. Un trio discute au balcon. Il est environ 11h ce 1er septembre 2007. “ Bienvenu à New Tv ”, lance un technico-artistique, Joseph Tchagou. Il se charge de guider le reporter jusqu’aux bureaux du dernier né de la télévision à Yaoundé.
Après quelques marches d’escaliers, on débouche sur une sorte de hall. Un tableau portent des notes de services annonçant quelques promotions. Puis, c’est une grande salle aux murs crépis, et au sol carrelés de blanc. D’un côté, ce qui sert apparemment de réception : des sièges, et un bureau équipé d’un ordinateur. Quelques personnels y consultent une fiche à ce bureau. En face, une table, style salle à manger, et un téléviseur. La musique tourne en boucle sur ce poste portant la mention “ retour ”. C’est-à-dire que c’est le signal émis de la maison qui y est capté. “ Vous avez un bon signal, c’est très important en télévision ”, apprécie un visiteur souvent aperçu sur une télé concurrente.
Deux dames s’affairent sur les bancs de montage dans la salle de post-production. L’une s’occupe des “ Guignols d’Afrique ”. Son écran de contrôle laisse voir un personnage aux traits communs avec un président camerounais moins connu sous son prénom Barthélemy. A l’extérieur, une équipe sort pour le tournage du programme “ Africa feeling ”. Tandis que le rédacteur en chef revient d’un reportage. “ Nous émettons depuis le 4 août 2007 ”, lance le directeur des programmes, Parfait Etene. Il explique qu’au départ “ les émissions allaient de 18h à minuit en semaine, et de 12h à minuit en week-end ”. La semaine suivante, la grille s’est améliorée en passant de 12h à 00h de lundi à dimanche. Puis de 10h à 00h en week-end depuis deux semaines.

2- Le show du délégué provincial

La sérénité affichée ici est troublante. Car selon le délégué provincial de la Communication pour le Centre (Dpcc), Jean-Paul Nanga Abanda, “ New Tv est hors-la-loi ”. Approché le 30 août dernier, il l’a crié haut et fort : “ Je leur ai déjà servi dix (10) sommations ”. Des sommations qui auraient pour objet, un rappel à l’ordre passant par un arrêt de la diffusion. La radio “ Liberté Fm ” est aussi concernée par cette situation. Le reporter sollicite un entretien pour plus d’éclairages. Mais le délégué provincial interpelle plutôt le ministre de la Communication (Mincom). “ M. le ministre, voici un journaliste de Le Messager qui voudrait savoir ce qui se passe avec New Tv et Liberté Fm ”, lance-t-il. Le Mincom confirme avoir été mis au courant de la situation. Puis il promet des mesures répressives au cas où les mis en cause refuseraient “ de se plier à la réglementation ”. Le délégué jubile.
Les directeurs de l’information et des programmes des médias concernés se déclarent incompétents. Le régisseur général de New Tv, Mme Lemo, tombe des nues. “ Nous n’avons jamais reçu de sommation ”, se défend-elle. Cette dernière affirme que lors des essais en juin 2007, le Dpcc est venu à New Tv. N’ayant rencontré aucun responsable, il a rédigé une note manuscrite, demandant les documents qui autorisent ceux-ci à émettre. “ Le promoteur était surpris et l’a rappelé. Il est venu ici, on l’a reçu. Je lui ai montré la lettre et il n’a plus rien dit jusqu’au aujourd’hui ”, se souvient Mme Lemo. La lettre en question est signée du Mincom, le 10 octobre 2006. L’avis favorable du Conseil national de la communication y est confirmé de même qu’il leur est demandé de compléter leur dossier auprès du secrétariat du Comité technique interministériel chargé de l’examen des dossiers.
Le régisseur général assure que cette formalité a été remplie, et qu’il ne reste plus que le versement de la caution au trésor public. Néanmoins, “ nous avons l’accord de fonctionner depuis avril ” 2007, précise-t-elle. Ils disposent du même type d’accord pour une radio dénommée “ Amplitude Fm ”.

3- Liberté Fm recule
A un jet de pierre de New Tv, l’ambiance est au désoeuvrement à Liberté Fm. Black out sur les 91,4 MHz de la bande Fm. Une demie douzaine de personnes échange sur la véranda. Un avis signé du directeur général, Jean-Claude Mbede, renseigne. “ Après un mois d’essai, et dans le soucis de procéder au réaménagement de nos équipements d’une part, et aux réglages administratifs d’autre part, la direction de la radio Liberté Fm a l’honneur de vous informer de l’arrêt momentané des programmes dès le 30/08/07. Ceux-ci reprendront dès la fin desdits réajustements ”. Cet arrêt des programmes survient alors que les programmes de Liberté Fm sont sur les ondes depuis le 18 juillet 2007.
“ Je reconnais que nous avons été saisis par une lettre du Mincom qui nous demande de compléter notre dossier. Il s’agit de petites pièces de rien du tout ”, avoue Jean-Claude Mbede. Il s’agit selon ce dernier, d’un certificat de domiciliation et une copie de la carte nationale d’identité du directeur de général, et un descriptif technique du plan de diffusion.
Pourtant, c’est la fréquence qu’utilise Liberté Fm qui serait au centre du problème. “ Nous avons sollicité une fréquence et expliqué au Mincom que cette fréquence ne perturbe personne ”, avance le directeur. Et de poursuivre : “ Nous ne faisons pas un bras de fer. S’il est démontré que ça perturbe, ils peuvent changer ”. Seulement ce dernier craint pour les conséquences que cela pourrait entraîner. “ C’est tout un réaménagement technique. Il faudra remonter sur le pylône pour des réajustements, et reprogrammer l’émetteur ”, prévoit-il. Sans compter les désagréments au niveau des auditeurs et des annonceurs. Est-ce le prix à payer lorsqu’on met la charrue avant les bœufs ? Les promoteurs de Canal 2 International et Ariane Tv en savent quelque chose.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 04-09-2007

Leave a Reply